Les relations entre l’Algérie et la France s’enfoncent dans une nouvelle crise diplomatique, l’Algérie accusant Paris d’entraver le fonctionnement de sa mission à Paris et menaçant de saisir l’ONU. Dans un communiqué du 24 juillet, le ministère algérien des Affaires étrangères dénonce le refus d’accès aux zones réservées des aéroports parisiens pour la prise en charge des valises diplomatiques, une violation flagrante de la Convention de Vienne. Cette escalade, marquée par une application immédiate du principe de réciprocité – avec le retrait des privilèges aux diplomates français dans les ports et aéroports algériens –, place l’Organisation des Nations Unies au cœur d’un différend historique.
Cette mesure, imposée « dans l’opacité totale » sans notification officielle, est perçue comme une atteinte grave aux accords diplomatiques fondamentaux. L’Algérie, qui se réserve le droit de recourir à un arbitrage international, voit dans cette entrave une remise en cause de sa souveraineté, tandis que des contacts ont été établis avec les autorités françaises pour exiger des clarifications. Ce bras de fer reflète une tension croissante, exacerbée depuis l’été 2024 par des désaccords sur la politique migratoire française, notamment les expulsions de ressortissants algériens en situation irrégulière, ayant conduit au retrait de l’ambassadeur algérien et à l’annulation d’une visite présidentielle.
Cette crise dépasse le cadre bilatéral : elle interroge la capacité des institutions internationales à faire respecter le droit diplomatique. Pour l’Algérie, il s’agit de protéger son honneur et sa diaspora ; pour la France, d’affirmer sa souveraineté migratoire. Sans dialogue, ce conflit risque de s’enliser, laissant des cicatrices dans un lien déjà fragilisé par un passé colonial douloureux.
L’enjeu est clair : une résolution via l’ONU pourrait rétablir un équilibre, mais elle requerra une volonté politique du côté Français. L’Algérie, en jouant cette carte, met la France face à ses responsabilités. À défaut d’une médiation rapide, ce différend pourrait marquer un tournant, redessinant les relations franco-algériennes pour des décennies, dans un climat où la mémoire historique continue de peser lourdement. Riad






























