Débat sur la peine de mort en Algérie : Les réponses du ministre de la Justice

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La séance de discussion du projet de loi sur la prévention des stupéfiants et des substances psychotropes, tenue à l’Assemblée populaire nationale (APN), a suscité un débat houleux. Les députés ont appelé à des mesures plus strictes pour endiguer l’inquiétante propagation des drogues, en particulier celles introduites clandestinement à travers les frontières.

Face à l’urgence de la situation, plusieurs parlementaires ont plaidé pour la levée du moratoire sur la peine de mort, suspendue depuis des années en Algérie. Ils ont insisté sur la nécessité d’appliquer cette sanction dans les cas de trafic de drogue, d’enlèvement et de viol d’enfants, ainsi que pour les homicides volontaires. Selon eux, ces crimes, en particulier le trafic de stupéfiants orchestré par des « barons » de la drogue, menacent gravement le tissu social et les jeunes générations.

Une situation alarmante

Les députés ont appuyé leurs arguments sur des rapports de terrain et des statistiques officielles révélant des taux élevés de toxicomanie, notamment chez les jeunes. « L’Algérie est aujourd’hui directement confrontée au fléau de la drogue », a déclaré un élu, soulignant l’organisation sophistiquée des réseaux criminels et leurs moyens financiers colossaux. Pour beaucoup, les peines actuelles, jugées trop clémentes, ne suffisent plus à dissuader ces organisations. Dans ce contexte, plusieurs voix se sont élevées pour exiger l’accélération de la promulgation d’une loi levant le gel sur l’exécution de la peine de mort. Les parlementaires ont particulièrement visé les grands responsables du trafic de drogue, estimant que leur impunité contribue à la destruction de la société.

La réponse du ministre

Interpellé par les préoccupations des députés, le ministre de la Justice a reconnu la gravité de la situation. « Le glaive de la justice atteindra et coupera les têtes de ces gangs », a-t-il affirmé, adoptant un ton ferme. Concernant la réintroduction de la peine de mort, il a rappelé la souveraineté de l’État algérien : « L’Algérie, en tant qu’État, est libre de prendre toute décision pour lutter contre le crime selon la perspective qu’elle juge appropriée. » Le ministre a également souligné que, face à l’ampleur du problème, l’État juge désormais « nécessaire d’activer cette peine » pour certains crimes graves, notamment ceux liés au trafic de drogue et aux atteintes contre les enfants. Il a assuré que le gouvernement étudie les mécanismes juridiques pour répondre à ces demandes, tout en tenant compte des impératifs de justice et de protection de la société.

En attendant, le projet de loi sur la prévention des stupéfiants continue de faire l’objet d’un examen approfondi à l’APN. Les prochaines séances devraient préciser les contours de cette réforme et les conditions d’application de la peine de mort, dans un contexte où la lutte contre le trafic de drogue est devenue une priorité nationale.

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