Discrimination contre les musulmans en Europe, un constat alarmant. Le dernier rapport de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA) vient confirmer une réalité préoccupante : près d’un musulman sur deux en Europe serait confronté à des discriminations quotidiennes. Intitulée « Être musulman dans l’UE », cette enquête couvre treize pays, dont la France, l’Allemagne et la Suède, et met en lumière une tendance lourde : les discriminations touchent un large éventail de situations et s’intensifient, en particulier pour les femmes portant des vêtements religieux.
La FRA dresse un tableau sans équivoque. 47 % des musulmans en Europe déclarent avoir subi une discrimination au cours des cinq dernières années, une proportion en hausse par rapport à 2016. Les pays affichant les taux les plus élevés incluent l’Autriche (71 %), l’Allemagne (68 %) et la Finlande (63 %). Dans ce contexte, les femmes qui portent un voile sont particulièrement exposées. La recherche d’emploi se révèle un parcours semé d’obstacles, avec 45 % d’entre elles victimes de discriminations lors de ce processus, un chiffre qui grimpe à 58 % pour les jeunes femmes de 16 à 24 ans.
Au-delà des chiffres, ce rapport révèle également une aggravation des difficultés économiques et sociales pour les musulmans en Europe. Environ 31 % des ménages musulmans peinent à joindre les deux bouts à la fin du mois, et 40 % vivent dans des logements surpeuplés, bien au-dessus de la moyenne européenne. Ces conditions sont aggravées par des taux de décrochage scolaire (30 %) et de discrimination dans le secteur de l’emploi, où 41 % des musulmans se disent surqualifiés pour leur poste.
Sirpa Rautio, directrice de la FRA, tire la sonnette d’alarme : « Nous assistons à une montée inquiétante du racisme et de la discrimination contre les musulmans en Europe, alimentée par une rhétorique antimusulmane qui se propage sur l’ensemble du continent. » Loin de se cantonner à des chiffres, cette étude appelle à une prise de conscience urgente. Les défis sont nombreux, mais une société inclusive ne peut se construire sans que chacun de ses membres y trouve une place équitable, en toute dignité et sans discrimination.





























