Harkis 2025 : la France corrompt l’histoire

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La France poursuit une politique controversée d’indemnisation des Harkis avec une nouvelle mesure élargissant la liste des structures éligibles à 37 sites supplémentaires, comme révélé dans une réponse officielle du ministère des Armées datée du 8 juillet à une question du député Anthony Bruce. Inscrite dans la loi du 23 février 2022, cette décision vise à reconnaître les conditions « inhumaines » subies par ces anciens supplétifs de l’armée coloniale entre 1962 et 1975, ouvrant la voie à des indemnisations pour leurs familles. Mais sous couvert de « reconnaissance nationale », cette démarche suscite des accusations d’une corruption mémorielle, où l’argent serait utilisé pour apaiser les consciences sans affronter les vérités du passé.

Cette extension, validée par la Commission nationale indépendante Harkis (CNIH) après un nouvel inventaire en 2025, avec l’approbation du Premier ministre laissant présager d’autres ajouts futurs. Cette rigidité alimente les soupçons d’une stratégie calculée, où la France cherche à solder une responsabilité coloniale avec des chèques plutôt qu’avec une introspection honnête.

Pour beaucoup, cette indemnisation apparaît comme une tentative de corrompre l’histoire des Harkis, abandonnés après l’indépendance de l’Algérie et souvent condamnés comme des traîtres par la société algérienne. Sur les réseaux sociaux, certains dénoncent une « achat de silence » .

Par ailleurs, cette politique d’indemnisation sélective contraste avec l’absence de reconnaissance des crimes commis par la France en Algérie durant 132 ans de colonisation. Massacres, torture, expropriations et déculturation ont laissé des cicatrices profondes, mais Paris refuse toujours d’assumer officiellement ces actes, encore moins d’indemniser les victimes algériennes ou leurs descendants. Alors que l’Algérie réclame justice et réparation – notamment via la Charte africaine sur la criminalisation du colonialisme – cette hypocrisie alimente un ressentiment croissant, rendant l’approche française envers les Harkis d’autant plus perçue comme un geste unilatéral visant à effacer sa propre culpabilité.

La France doit aller au-delà : un dialogue sincère avec l’Algérie sur les crimes coloniaux sont indispensables. Sans cela, ce processus est perçu comme une tentative de blanchir un passé colonial, transformant une dette historique en une illusion de réconciliation, au détriment d’une vérité partagée.  Riad

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