Interconnexion entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye : alliance stratégique ?

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Image processed by CodeCarvings Piczard ### FREE Community Edition ### on 2018-12-17 09:27:14Z | | ÿXJYÿXNYÿVNWÿô[YT

 La future interconnexion électrique entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye, dont les études préliminaires s’annoncent imminentes, cristallise autant d’espoirs que d’interrogations. Officiellement, l’objectif est noble : sécuriser l’approvisionnement électrique face à la demande croissante, mutualiser les ressources et moderniser des réseaux souvent fragilisés par des pics de consommation estivaux. Le succès d’un test d’échange synchronisé de 400 à 500 mégawatts entre les trois pays en novembre 2023 a conforté cette vision. Les dirigeants algériens, tunisiens et libyens, réunis en sommet trilatéral en avril dernier, y voient un levier pour stabiliser la région, tout en répondant aux défis climatiques et économiques.

L’Algérie se positionne incontestablement comme le pilier de ce projet. Forte de ses réserves gazières, de ses infrastructures développées et d’un secteur énergétique structuré autour de Sonelgaz, elle endosse le costume de leader régional. Son ambition affichée – exporter électricité, savoir-faire et équipements – s’inscrit dans une stratégie de rayonnement continental, de la CEDEAO au Sahel. Mais ce rôle de « puissance électrique » vient avec des responsabilités.

En tant que principal pourvoyeur d’énergie, Alger devra éviter de transformer sa position dominante en levier de pression politique. Les déclarations sur l’« expansion internationale » et les projets comme la centrale offerte au Niger montrent une volonté d’influence. Pour que cette interconnexion soit durable, l’Algérie devra privilégier des accords équitables, garantissant la transparence des tarifs et la pérennité des approvisionnements. Un leadership bienveillant pourrait faire de ce corridor un modèle de coopération Sud-Sud ; une logique unilatérale risquerait, au contraire, d’exacerber les méfiances historiques.

L’Algérie, dont les capacités de production dépassent largement celles de ses voisins, affiche clairement ses ambitions. Sonelgaz, fleuron énergétique national, prévoit d’exporter non seulement de l’électricité, mais aussi son expertise technique et ses équipements industriels. « Ce corridor ouvre de nouveaux horizons pour l’Afrique », déclare Habib Mohamed Lakhdar, directeur des études de l’entreprise.

L’interconnexion Maghreb incarne la mondialisation énergétique : interdépendance vitale? La  réussite de ce défi  dépendra de la capacité des trois pays à transformer cette initiative en véritable communauté d’intérêts. L’enjeu dépasse la technique : c’est un test géopolitique pour l’Afrique du Nord.   Riad

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