Iran -USA : Trump impose un blocus naval sur le détroit d’Ormuz

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Dans un coup de théâtre qui a stupéfié les chancelleries et les marchés pétroliers, le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait « bloquer tous les navires qui tenteraient d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz ».  Quelques heures seulement après l’échec des négociations américano-iraniennes à Islamabad, le locataire de la Maison Blanche a transformé une fragile trêve en une nouvelle phase potentiellement explosive du conflit au Moyen-Orient.

Cette décision unilatérale, qualifiée de « surprise » par de nombreux observateurs, marque un tournant radical dans la stratégie de Washington face à Téhéran. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump n’a pas mâché ses mots. « L’Iran avait promis d’ouvrir le détroit d’Ormuz, mais il a sciemment manqué à sa parole. C’est une source d’angoisse, de bouleversements et de souffrances pour de nombreuses personnes et de nombreux pays à travers le monde », a-t-il écrit. Et d’ajouter, dans un style désormais familier : « À compter de maintenant, la marine américaine, la meilleure au monde, va entamer le processus visant à BLOQUER tous les navires qui tenteraient d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz. » Dans un autre message, il a précisé que « personne qui paie un péage illégal n’aura de passage sûr en haute mer », ordonnant explicitement à la Navy d’« interdire et intercepter » tout navire ayant versé un droit de passage à l’Iran. Pour comprendre l’ampleur de cette annonce, il faut remonter au 28 février 2026, date du déclenchement des opérations militaires conjointes américano-israéliennes contre l’Iran. En réponse, Téhéran a fermé le détroit d’Ormuz, artère vitale par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié. Mines posées, attaques de navires, péages imposés : l’Iran a transformé ce passage stratégique, long de 160 kilomètres entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, en une arme économique redoutable. Un cessez-le-feu précaire avait été conclu le 8 avril sous médiation pakistanaise. Il devait expirer le 22 avril. Mais les pourparlers de haut niveau tenus samedi à Islamabad – 21 heures de discussions marathon entre le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Qalibaf – se sont soldés par un échec cuisant. Au cœur du désaccord : le programme nucléaire iranien et le contrôle du détroit. Washington exigeait un engagement ferme de Téhéran à renoncer à l’arme atomique ; l’Iran refusait tout abandon de sa « souveraineté » sur Ormuz et réclamait la fin des frappes israéliennes sur le Hezbollah au Liban. Samedi encore, Trump affirmait que les États-Unis avaient « commencé le processus de déblocage » du détroit, après le passage symbolique de deux destroyers américains. Téhéran avait immédiatement démenti, affirmant que seuls quelques tankers avaient pu transiter et que 800 navires marchands restaient bloqués. Dimanche, le ton a changé du tout au tout : de la « faveur » accordée au monde (Chine, Japon, Corée du Sud, France, Allemagne…), Trump est passé à la punition collective. Le détroit d’Ormuz n’est pas un simple couloir maritime. Il relie les immenses réserves pétrolières de l’Arabie saoudite, des Émirats, du Koweït, de l’Irak et de l’Iran lui-même aux marchés mondiaux. Sa fermeture prolongée a déjà fait flamber les cours du brut : le baril de Brent a dépassé les 110 dollars ces dernières semaines, avec des pointes à 120 dollars. Les économies européennes, asiatiques et des pays en développement sont les premières menacées. En France, le gouvernement a déjà activé des mesures d’urgence pour limiter la spéculation sur les carburants. Sur le plan militaire, le blocus annoncé par Trump repose sur la supériorité navale américaine : porte-avions USS Gerald R. Ford en position, destroyers et sous-marins déployés. Mais l’opération n’est pas sans risques. L’Iran dispose de missiles anti-navires, de drones et d’une marine asymétrique rodée aux opérations de guérilla maritime. Des experts craignent une riposte iranienne sous forme de nouvelles mines ou d’attaques sur les installations pétrolières du Golfe.  Par Rachid

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