Journalisme : priorité à l’enfance

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À l’heure où les écrans façonnent les imaginaires plus vite que l’école et parfois même que la famille, la question n’est plus de savoir si les médias influencent l’enfant, mais comment ils doivent assumer cette responsabilité.

En présidant l’ouverture d’une session de formation dédiée au réseau des journalistes algériens pour la promotion des droits de l’enfant, le ministre de la Communication, Zouhir Bouamama, aux côtés de la commissaire nationale à la protection et à la promotion des droits de l’enfant, Mariem Cherfi, a posé un jalon important : celui d’un journalisme conscient de son rôle éducatif.

Placée sous le slogan « L’enfant et les défis des nouveaux médias », cette initiative, coordonnée avec le bureau algérien de l’UNICEF, intervient dans un contexte où le paysage numérique évolue à un rythme effréné. Réseaux sociaux, plateformes vidéo, contenus viraux : l’enfant est aujourd’hui exposé à un flux continu d’informations dont la qualité et la finalité ne sont pas toujours maîtrisées.

Former les journalistes à traiter les questions liées à l’enfance n’est donc pas un luxe académique. C’est une nécessité nationale. Car parler de l’enfant, ce n’est pas simplement relater des faits ; c’est comprendre sa vulnérabilité, protéger sa dignité, préserver son image et promouvoir ses droits. C’est aussi produire un contenu adapté, porteur de valeurs éducatives et de repères culturels solides.

Dans ce contexte, la formation des journalistes n’est pas une simple action technique. Elle devient un enjeu stratégique. Traiter des questions liées à l’enfance exige une compétence particulière : protéger l’image du mineur, respecter sa dignité, éviter la spectacularisation de la souffrance et privilégier l’approche pédagogique. Informer sur l’enfance, c’est aussi promouvoir des modèles positifs et défendre les valeurs éducatives nationales.

Le ministre a insisté sur la spécificité du contenu médiatique destiné aux enfants. Cette spécificité repose sur une ligne claire : informer sans nuire, sensibiliser sans exposer, éduquer sans moraliser. À l’ère du numérique, où les contenus négatifs et sensationnalistes se propagent en quelques secondes, la responsabilité des professionnels de l’information devient stratégique.

Le soutien affirmé du ministère au réseau des journalistes engagés dans la promotion des droits de l’enfant envoie un signal fort : celui d’un État qui considère la protection de l’enfance comme un pilier de la souveraineté culturelle et sociale. Mais ce soutien devra s’accompagner d’une politique durable de formation continue, d’outils déontologiques adaptés et d’une veille active sur les dérives numériques.

Car protéger l’enfant, ce n’est pas restreindre la liberté de la presse ; c’est lui donner un sens plus élevé. Celui de servir l’intérêt supérieur de l’enfant et, à travers lui, l’avenir de la nation.

  • Par Belkacem

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