Kharrouba (Mostaganem) : Les habitants de la cité Rihab en colère contre l’ADE

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Depuis plusieurs mois, les habitants de la cité des 135 logements LPA « Rihab », située dans le quartier de Kharrouba à Mostaganem, vivent un véritable calvaire. Privés d’un droit fondamental — l’accès à l’eau potable — ces familles endurent quotidiennement des restrictions drastiques d’approvisionnement en eau, exacerbant leur exaspération face à une gestion jugée défaillante par les services de l’Algérienne des Eaux (ADE).

Selon les témoignages recueillis sur place, la cité n’est alimentée en eau que deux heures par jour environ, principalement du lundi au mardi, ainsi que le vendredi, samedi et dimanche. Les mercredi et jeudi, c’est tout simplement la coupure totale du réseau d’alimentation en eau potable (AEP), obligeant les résidents à puiser dans des solutions précaires — citernes, bouteilles ou encore sollicitations auprès de voisins mieux lotis. Mais cette situation critique est encore plus dramatique pour les ménages résidant aux étages supérieurs — au-delà du troisième étage. Ces derniers affirment n’avoir pas vu une seule goutte d’eau depuis l’année 2021, date à laquelle un entrepreneur aurait gravement endommagé la conduite principale d’alimentation lors de travaux mal réalisés. Depuis ce jour, les promesses de règlement du problème se succèdent sans jamais aboutir. La grogne sociale a atteint son comble hier, lundi 30 juin 2025, journée normalement dédiée à l’audience publique hebdomadaire organisée par l’unité locale de l’ADE à Mostaganem. Pour la deuxième fois consécutive, le directeur de l’unité locale de l’ADE était absent, empêchant les habitants de la cité Rihab de faire entendre leurs revendications légitimes. « Nous sommes venus nombreux exprimer notre détresse, mais le directeur était absent sans aucune explication officielle. C’est la deuxième fois qu’il esquive les citoyens », dénonce Hadj Ahmed B., père de famille résidant au 3ème étage de l’un des immeubles. Cette absence répétée est perçue par les habitants comme un mépris flagrant vis-à-vis de leurs souffrances quotidiennes. « Ils nous traitent comme si on n’existait pas ! » lance un autre habitant, visiblement affecté par la situation. Malgré plusieurs interventions locales, des signalements répétés et même une plainte collective déposée il y a plusieurs mois, aucune solution durable n’a été apportée. Les habitants accusent un manque de volonté politique et une gestion opaque des priorités de l’ADE à l’échelon local. « Nous ne demandons pas grand-chose : juste un accès normal à l’eau potable, comme tous les Algériens. Mais force est de constater que nos voix ne portent pas », déplore un jeune cadre, contraint de transporter l’eau pour sa famille. C.S.

 

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