Dans le cadre de la politique économique menée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à promouvoir l’auto-emploi et à encadrer le commerce informel, un nouveau décret exécutif (n° 25-170 du 28 juin 2025) vient réguler officiellement l’activité de micro-importation exercée par les auto-entrepreneurs. Signé par le Premier ministre, M. Nadir Larbaoui, ce texte représente une étape significative vers la formalisation d’un secteur en pleine croissance.
En effet, La micro-importation est définie comme une activité individuelle exercée par des personnes physiques lors de leurs déplacements à l’étranger. Elle consiste à importer, pour la revente en l’état, des marchandises d’une valeur n’excédant pas 1,8 million de dinars par voyage, dans la limite de deux voyages par mois. Seuls les détenteurs du statut d’auto-entrepreneur sont autorisés à exercer cette activité, conformément à la loi de 2022 régissant ce statut. Le nouveau dispositif accorde plusieurs facilités aux micro-importateurs. Ils sont dispensés d’inscription au registre du commerce et d’autorisations d’importation préalables. Ils bénéficient également d’un droit de douane réduit à 5 %, d’un régime fiscal adapté et de la possibilité de tenir une comptabilité simplifiée, enregistrée auprès des services fiscaux compétents. Toutefois, les opérations doivent être financées exclusivement par les devises personnelles de l’importateur, déposées à la Banque Extérieure d’Algérie. Pour exercer cette activité, l’auto-entrepreneur doit remplir plusieurs conditions : être algérien, résider en Algérie, avoir l’âge légal du travail, ne pas exercer d’autre activité rémunérée, et être affilié à la Caisse nationale de sécurité sociale des non-salariés. L’intéressé doit en outre obtenir une carte d’auto-entrepreneur portant la mention « micro-importation », ainsi qu’une autorisation générale délivrée par le ministère du Commerce extérieur. Avant chaque opération, le micro-importateur est tenu de déclarer les marchandises à travers une plateforme numérique développée par le ministère des Start-up. Cette plateforme, interconnectée avec les douanes et les administrations concernées, permet de garantir la transparence des flux commerciaux. Les produits importés doivent être identifiables grâce à des étiquettes précises mentionnant leur nature, leur origine, ainsi que les informations du micro-importateur. Certaines catégories de produits ne sont pas autorisées dans le cadre de la micro-importation : il s’agit notamment des équipements sensibles, des produits pharmaceutiques, des marchandises prohibées ou nécessitant des autorisations spéciales. Les contrevenants aux règles établies risquent la radiation du registre national des auto-entrepreneurs, notamment en cas de fausse déclaration, de non-respect des règles de sécurité ou d’utilisation abusive du statut. Ce nouveau dispositif s’inscrit pleinement dans la vision du président Tebboune pour une économie plus inclusive, structurée et axée sur l’initiative individuelle. En encadrant la micro-importation, le gouvernement ambitionne de dynamiser les micro-entreprises, de lutter contre l’informel, et d’offrir un tremplin aux jeunes porteurs de projets dans un cadre légal et transparent. Amina L.






























