En misant sur Israël, Mohammed VI cherche à moderniser son armée en achetant des armes israéliennes durant la guerre de Gaza, où des milliers de Palestiniens innocents ont été massacrés. Une décision qui fait de lui un « complice indirect » d’Israël aux yeux de ses détracteurs. Ce choix anormal, né de la normalisation avec l’État hébreu, fragilise son image en tant que leader musulman, et plus encore en tant que président du Comité Al-Qods… Les canons israéliens auront-ils raison des consciences ?
Entre canons automoteurs high-tech et satellites espions, Rabat mise sur Tel-Aviv pour moderniser son arsenal, au risque de heurter une opinion arabe déjà ulcérée par le soutien occidental à Israël. Une stratégie qui interroge autant qu’elle divise.
Le Maroc a officialisé l’acquisition de 36 pièces d’artillerie ATMOS 2000 auprès du géant israélien Elbit Systems, marquant un tournant dans sa politique de défense. Ces canons autotractés, montés sur des camions tchèques Tatra, allient mobilité, précision et rapidité. Une acquisition qui enterre la coopération historique avec ‘’ KNDS France ‘’, fournisseur du canon Caesar.
Dans la même dynamique, Rabat a signé un accord d’un milliard de dollars avec Israel Aerospace Industries (IAI) pour l’achat de ‘’ deux satellites espions Ofek 13 ‘’, capables de surveiller la région avec une résolution inférieure à 50 cm.
Depuis la normalisation des relations en 2020 dans le cadre des accords d’Abraham, Israël est devenu le troisième fournisseur d’armes du Maroc (11 % des importations), derrière les États-Unis et la France. En 2022, l’État hébreu avait déjà livré des systèmes de défense aérienne Barak (540 millions de dollars) et des ‘’drones Heron ‘’. Une relation qui profite à Tel-Aviv, en quête de légitimité dans le monde arabe, et à Rabat, désireux de diversifier ses partenariats. Pourtant, cette alliance se noue dans un contexte explosif : la guerre à Gaza, qui a fait plus de 45 000 morts palestiniens. Un paradoxe qui n’échappe ni aux ONG ni aux pays voisins.
Alors que le Maroc préside le Comité Al-Qods (chargé de la protection des lieux saints islamiques à Jérusalem), sa collaboration militaire avec Israël soulève des questions éthiques . Comment justifier l’achat d’armes à un pays accusé de crimes de guerre par la Cour internationale de Justice ? Pour les défenseurs des droits humains, cette coopération relève d’une « complicité indirecte » dans le conflit.






























