Donald Trump relance le débat sur Gaza avec une proposition choc : déplacer les Palestiniens vers la Jordanie et l’Égypte. Présenté comme une solution « pragmatique » pour reconstruire la bande de Gaza, ce plan vise clairement à vider Gaza de sa population pour faciliter l’expansion territoriale d’Israël. Entre soutiens israéliens d’extrême droite, réticences arabes et silence complice de l’Occident, les risques de déstabilisation régionale et d’effondrement moral sont immenses.
Donald Trump a récemment déclaré qu’il fallait « faire le ménage à Gaza ». Derrière cette formule volontairement vague se cache un projet alarmant : déplacer deux millions de Palestiniens vers la Jordanie et l’Égypte, sous prétexte de reconstruire une région réduite en cendres par les bombardements israéliens. Si l’idée est vendue comme temporaire, l’histoire rappelle que les déplacements forcés de Palestiniens, comme en 1948, se sont souvent transformés en exils permanents.
Les Palestiniens y voient une répétition tragique de leur histoire, tandis que l’Égypte et la Jordanie, déjà fragilisées, refusent d’absorber un afflux massif de réfugiés. La Jordanie, dont deux tiers de la population sont d’origine palestinienne, craint une explosion sociale. L’Égypte, quant à elle, redoute que des camps de réfugiés ne deviennent des foyers de contestation. Mais l’Arabie saoudite, dont les relations avec Washington sont plus équilibrées, pourrait jouer un rôle clé. Le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS), autrefois proche d’Israël, conditionne désormais tout rapprochement à la création d’un État palestinien. Une position tactique, motivée par la crainte de l’opinion publique arabe, majoritairement pro-palestinienne.
Reste à savoir si les pays arabes parviendront à former un front uni contre ce projet. Leur division chronique et leur dépendance aux États-Unis pourraient les rendre vulnérables. Pourtant, une opposition collective, incluant l’Arabie saoudite, aurait un poids symbolique et politique considérable. Le projet de Trump n’est pas qu’une provocation : il incarne une logique destructrice, nourrie par l’extrémisme israélien et l’opportunisme américain. Son succès dépendra de la capacité des États arabes à résister aux pressions, et de l’Occident à retrouver un semblant de cohérence éthique.
L’Europe, qui a soutenu Israël de manière quasi inconditionnelle après le 7 octobre, se retrouve piégée par ses propres contradictions. D’un côté, elle clame défendre les droits humains et le droit international ; de l’autre, elle ferme les yeux sur les crimes de guerre israéliens et les projets de déportation massive. Si un nettoyage ethnique à Gaza venait à se concrétiser, l’hypocrisie occidentale éclaterait au grand jour, renforçant le discours de la Russie et de la Chine, qui ne manqueraient pas de dénoncer un « deux poids, deux mesures ». Riad






























