Mali : la Russie dit non, Goïta étouffé ?

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Le Mali de la junte d’Assimi Goïta vient de recevoir un coup dur qui pourrait sceller son isolement stratégique. Lundi 2 juin, le ministère russe de la Défense a sèchement refusé de livrer de nouveaux aéronefs militaires aux Forces Armées Maliennes (FAM), dont les Yakovlev Yak-130 Mitten tant convoités par le dictateur. Ce Niet retentissant, qui a choqué Bamako, souligne une réalité brutale : le Mali, miné par une corruption endémique, n’a plus les moyens d’attirer les faveurs de Moscou, désormais séduit par des partenaires plus solvables comme l’Algérie.

Le contraste est saisissant. Tandis que l’Algérie parade avec ses Sukhoi Su-35 Flanker-E et ses furtifs Su-57 Felon, fleurons de la technologie russe, le Mali se débat avec des Aero L-39C Albatros d’entraînement, des appareils tchécoslovaques vétustes de seconde main, et quelques Mil Mi-35M Hind-E. Ces jets, inadaptés au combat moderne, peinent à rester opérationnels, et l’absence de soutien pour l’unique Antonov An-28 cloué au sol illustre l’impasse malienne. Le refus des Yak-130, avions d’entraînement avancé aux capacités de combat limitées, marque la fin d’une illusion : Moscou ferme le robinet, laissant Goïta face à ses limites financières et politiques.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de tractations infructueuses. Depuis des mois, la junte négociait avec la Russie pour des avions et hélicoptères supplémentaires, espérant renforcer son emprise sans passer par des urnes qu’elle redoute. Mais le signal est clair : sans liquidités ni stabilité, le Mali n’a plus de levier. La corruption galopante, dénoncée par des ONG comme Transparency International, a vidé les caisses, rendant impossible l’entretien d’un parc aérien délabré, encore moins l’acquisition de matériel neuf.

Et maintenant ? Certains spéculent sur un pivot vers la Chine, mais le Mali, étranglé par la dette et les sanctions, n’a pas les moyens d’honorer une telle alliance. Cette rupture avec Moscou pourrait pousser Goïta à chercher des partenaires moins regardants, peut-être des acteurs régionaux ou des mercenaires, au risque d’aggraver l’insécurité sahélienne. Pour un dictateur rêvant de présidence sans vote, ce refus est un revers cinglant. Il expose la fragilité d’un régime qui mise tout sur la force militaire sans assise économique. À l’heure où le Sahel vacille, ce Niet russe pourrait bien être le premier pas vers une chute inévitable.  Riad

 

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