Œuvres Universitaires: un scandale à milliards devant les juges

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Un nouveau scandale de corruption éclabousse les Œuvres Universitaires ONOU en Algérie. La chambre pénale économique et financière de Sidi M’hamed s’apprête à juger une affaire retentissante impliquant plus de 20 personnes – cadres, employés des directions des services universitaires, importateurs et opérateurs privés – accusées d’avoir détourné des milliards de dinars au détriment du Trésor public. Ce dossier, instruit par l’Office central de répression de la corruption (OCRC) depuis mai 2024, met en lumière des pratiques frauduleuses dans plusieurs régions, notamment à Djelfa, Oran et Mostaganem.

Les investigations ont révélé un système bien rodé : des directeurs  des Œuvres Universitaires auraient manipulé les cahiers des charges et contourné les règles de concurrence loyale pour attribuer des marchés publics à des tiers privilégiés. Ces contrats, portant sur l’approvisionnement des cantines et résidences universitaires en viande, lait, produits alimentaires, légumes et fruits, ont engendré des pertes colossales. À Oran, des importateurs de viande bien connus sont pointés du doigt pour avoir bénéficié de ces arrangements, au prix de surfacturations exorbitantes.

Au total, 21 individus et trois sociétés sont impliqués. Parmi eux, trois personnes, dont les directeurs des services universitaires de Djelfa, de  Mostaganem et d’Oran, ainsi que des opérateurs privés, ont été placées en détention préventive. Dix-sept autres sont sous contrôle judiciaire. Les chefs d’accusation sont lourds : abus de fonction, octroi de privilèges injustifiés, violation des lois sur les marchés publics et gaspillage délibéré de fonds publics. Les trois sociétés incriminées, quant à elles, auraient profité de ces pratiques pour s’enrichir illégalement.

Ce scandale met en lumière les failles persistantes dans la gestion des Œuvres universitaires, où la corruption semble avoir gangréné les processus d’attribution des marchés. Alors que les étudiants algériens peinent souvent à accéder à des conditions de vie décentes dans les résidences universitaires, ces révélations jettent une lumière crue sur l’ampleur des détournements.        Riad

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