ONU : spectatrice du chaos

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« L’Organisation des Nations unies n’a pas été créée pour conduire l’humanité au paradis, mais pour la sauver de l’enfer. »

Cette phrase du Diplomate suédois, artisan discret de la médiation internationale, Dag Hammarskjöld, n’est pas seulement une citation : c’est une mise en garde, presque une prophétie, elle résonne aujourd’hui comme un avertissement ignoré. Car à l’évidence, l’enfer que l’ONU devait empêcher semble désormais se déployer sous nos yeux… sans réelle entrave.

Créée pour garantir la paix et la sécurité internationales, Organisation des Nations unies apparaît de plus en plus comme une simple spectatrice du chaos mondial. Des conflits interminables aux tensions explosives au Moyen-Orient, en passant par les rivalités entre grandes puissances, l’institution semble paralysée, incapable d’imposer le droit face à la force.

Le monde est entré dans une phase de turbulence dangereuse. Le spectre d’un affrontement global, notamment autour de l’Iran, n’est plus une hypothèse lointaine. Pourtant, face à ces menaces, le Conseil de sécurité reste bloqué, prisonnier du droit de veto et des intérêts géopolitiques. Résultat : l’ONU observe, déplore, condamne… mais n’agit pas.

Ce décalage entre les principes affichés et la réalité nourrit une critique de plus en plus vive. L’ONU est accusée d’appliquer le droit de manière sélective, d’être forte avec les faibles et impuissante face aux puissants. Une justice internationale à géométrie variable qui fragilise sa crédibilité et alimente le sentiment d’injustice.

Faut-il pour autant enterrer l’ONU ? Ce serait sans doute ajouter du chaos au chaos. Car malgré ses limites, elle demeure l’un des derniers espaces de dialogue entre nations. Sans elle, le monde basculerait dans une logique de confrontation directe, sans garde-fous.

Mais une chose est certaine : si l’ONU veut éviter de devenir définitivement une spectatrice impuissante, elle doit se réinventer. Retrouver l’esprit de Hammarskjöld, réformer ses mécanismes, et surtout, redonner au droit international sa véritable force.

Car à défaut, l’histoire retiendra une ironie tragique : une organisation créée pour empêcher l’enfer… devenue témoin silencieuse de son expansion.

  • Par Belkacem

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