L’ancien ministre de la Jeunesse, Abdelkader Khomri, ainsi que plus de 70 prévenus, dont des hauts responsables et des entrepreneurs, comparaîtront ce mercredi 19 février devant le Pôle pénal économique et financier. Au cœur de l’affaire : un vaste réseau de corruption, de malversations financières et de détournement de fonds publics estimés à plus de « 620 milliards de centimes » lié à des projets de villages récréatifs pour la jeunesse.
Sous l’autorité de Khomri, alors ministre, le ministère de la Jeunesse aurait contourné l’absence de budget officiel en utilisant l’Agence nationale des loisirs et de la jeunesse comme levier financier. Celle-ci a injecté des centaines de milliards de centimes dans des projets de villages d’enfants, censés offrir des espaces de divertissement (toboggans, piscines, patinoires, colonies de vacances) dans cinq wilayas : Alger, Oran, Constantine, Tébessa et Annaba.
Or, les enquêteurs révèlent des pratiques opaques : contournement des cahiers des charges, surfacturations massives, et importation de jouets bas de gamme depuis la Chine. Par exemple, des structures récréatives ont été louées à des coûts exorbitants – jusqu’à 20 fois le prix du marché – via des sociétés écrans liées aux prévenus. Ces montages auraient permis un enrichissement illicite en cascade, alimentant des soupçons de blanchiment d’argent, notamment pour l’ex-ministre.
Les inculpés, dont quatre dirigeants de l’Agence nationale des loisirs en détention provisoire, sont accusés d’abus de fonction, de dilapidation délibérée de deniers publics, et d’octroi de contrats truqués à des proches. Khomri, déjà sous contrôle judiciaire, est visé par des accusations supplémentaires : enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Les perquisitions auraient mis au jour des transferts suspects et des biens immobiliers acquis via des prête-noms. Le verdict, attendu, pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’impunité des élites en Algérie.































