À Mostaganem, le quartier historique de Tigditt, également connu dans les sources anciennes sous les graphies Tijditt ou Tigdit, constitue l’un des anciens noyaux urbains de la ville. Situé sur la rive droite de l’oued Aïn Sefra, il demeure un important témoin de l’histoire et de l’évolution de Mostaganem.
D’origine berbère, le nom de Tigditt a connu plusieurs formes au fil des documents historiques. Certaines interprétations le rattachent à une « étendue de sable », tandis que d’autres évoquent le « pilier central de la tente ». Avant la période coloniale, le quartier formait un espace urbain traditionnel composé notamment d’habitations, de mosquées, de fontaines et de ruelles, autour desquels s’organisait la vie quotidienne. Son histoire a été marquée par les événements militaires du début du XIXe siècle. Des documents de la période coloniale font notamment référence à des destructions et mentionnent le secteur sous l’appellation de « ruines de Tigditt ». Par la suite, Tigditt est devenu un quartier à forte présence autochtone, tout en conservant ses traditions et son identité sociale et culturelle. Le quartier occupe également une place dans la mémoire du mouvement national. Ses habitants ont notamment pris part aux mobilisations populaires ayant marqué Mostaganem durant la guerre de Libération nationale, parmi lesquelles les manifestations du 11 décembre 1960. Après l’indépendance, Tigditt a évolué avec l’expansion démographique et urbaine de Mostaganem. Au fil des années, certaines de ses anciennes constructions se sont toutefois dégradées. Des opérations de relogement ont ainsi été menées au profit de familles occupant des logements vétustes ou menaçant ruine, tandis que plusieurs bâtisses ont été démolies pour des raisons de sécurité. La situation actuelle appelle toutefois une prise en charge des espaces libérés après ces démolitions. Dans certains secteurs, des traces de ces anciennes constructions restent visibles et nécessitent des opérations de nettoyage et d’aménagement afin de redonner vie à ces espaces. Par ailleurs, plusieurs voies du quartier se trouvent aujourd’hui dans un état qui nécessite une prise en charge. Chaussées et trottoirs présentent des signes d’usure, tandis que certains espaces publics nécessitent davantage d’entretien, ce qui affecte le cadre de vie des habitants. Compte tenu de son importance historique et de sa place dans la mémoire de Mostaganem, une opération de réhabilitation permettrait de préserver l’identité de Tigditt, d’améliorer son cadre urbain et de mieux valoriser ce patrimoine ancien. Par Tayeb Bey Abdelkader




























