Les déclarations de Gérard Fauré, ancien trafiquant de drogue reconverti en auteur, continuent d’alimenter un malaise persistant. En 2018, il affirmait l’existence supposée de réseaux pédocriminels évoluant dans certains cercles de pouvoir, notamment au Maroc.
L’histoire récente a montré, en Europe comme ailleurs, que des scandales pédocriminels ont prospéré durant des années à l’abri de protections politiques, sociales ou financières. Chaque fois, le même mécanisme : silence, déni, intimidation, puis révélation tardive. Lorsque des allégations visent des sphères proches du pouvoir, la tentation de l’étouffement est forte. Pourtant, c’est précisément dans ces moments que l’exigence d’enquête indépendante devient impérieuse.
Les accusations évoquées par Gérard Fauré sont extrêmement graves et n’ont pas donné lieu à des condamnations judiciaires confirmant ses propos. Dans différentes interviews et interventions médiatiques, Gérard Fauré a notamment affirmé , qu’il existerait, selon lui, des réseaux pédocriminels impliquant des personnalités politiques, médiatiques et économiques en Europe , dont certaines élites bénéficieraient d’une forme d’impunité grâce à leurs relations et à leur influence. Ajoutant, qu’au Maroc, certains cercles proches du pouvoir seraient impliqués dans des pratiques d’exploitation sexuelle de mineurs selon ses dires.
Le Maroc, souvent cité pour l’efficacité de ses réseaux d’influence et de son soft power, se retrouve indirectement exposé à ces déclarations. Dans un contexte régional marqué par des rivalités politiques et des tensions diplomatiques, toute accusation sensible peut être instrumentalisée. Mais la pédocriminalité ne saurait être réduite à un simple levier de confrontation géopolitique. Elle relève du droit pénal et de la protection universelle de l’enfance.
Ce qui fragilise les institutions, ce n’est pas l’existence d’accusations — aussi graves soient-elles — mais l’absence de réponse claire. Le silence officiel, l’absence de communication judiciaire ou d’explication crédible créent un terrain fertile pour la rumeur. Or, dans l’ère numérique, la rumeur devient rapidement conviction.
La question dépasse le cas particulier de Gérard Fauré. Elle interroge la capacité des États à garantir que nul, quelle que soit sa position, ne bénéficie d’une impunité face à des crimes aussi graves. La crédibilité d’un système politique se mesure à sa faculté d’enquêter sur lui-même. La vérité ne menace pas les institutions solides ; elle les renforce. En revanche, l’opacité, elle, nourrit durablement la défiance.
- Par Belkacem






























