Bennett : ‘’la Turquie est le nouvel Iran’’

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Lorsque, l’ancien Premier ministre de l’entité israélienne Naftali Bennett,  affirme que « la Turquie est le nouvel Iran », il ne s’agit pas d’une simple déclaration polémique. C’est un signal politique. Un message adressé à l’opinion hébreu, mais aussi aux partenaires occidentaux.

L’entité israélienne, habituée à structurer son discours autour de la menace iranienne, observe désormais l’émergence d’une puissance sunnite capable de rivaliser en influence. Aujourd’hui, le regard semble se déplacer vers Ankara.

L’Iran a longtemps incarné l’ennemi stratégique central de l’entité israélienne . Son influence régionale, son soutien au Hezbollah et son positionnement idéologique anti-israélien ont façonné la politique sécuritaire de Tel-Aviv.

Mais la Turquie, dirigée par Recep Tayyip Erdoğan, apparaît désormais comme un acteur d’un autre calibre. Membre de l’OTAN, puissance industrielle, économie diversifiée, diplomatie active en Afrique, dans le Caucase et au Moyen-Orient, Ankara combine puissance militaire et projection politique. Contrairement à l’Iran, isolé par des sanctions, la Turquie opère à l’intérieur des structures occidentales tout en poursuivant une stratégie autonome.

Le glissement rhétorique opéré par Bennett reflète donc une inquiétude : l’entité israélienne pourrait être confrontée non plus à un adversaire sanctionné et marginalisé, mais à une puissance intégrée, dotée d’alliances multiples et d’une légitimité internationale.

La Turquie possède l’une des armées les plus importantes de l’OTAN. Son industrie de défense connaît une croissance rapide, notamment dans les drones armés, les systèmes navals et les missiles. Les opérations en Syrie, en Libye et dans le Caucase ont servi de laboratoire opérationnel, renforçant ses capacités de coordination interarmées et de projection.

Cette montée en puissance modifie l’équilibre régional. Là où l’Iran s’appuie surtout sur des forces indirectes et des réseaux alliés, la Turquie dispose d’une capacité d’intervention directe et assumée.

Recep Tayyip Erdoğan incarne une approche hybride. Il mobilise un discours idéologique fort — notamment sur la question palestinienne — tout en maintenant des relations économiques et diplomatiques pragmatiques avec divers acteurs, y compris l’entité israélienne lorsque cela sert les intérêts turcs. Cette combinaison rend Ankara à la fois prévisible dans ses objectifs stratégiques et imprévisibles dans ses méthodes. C’est précisément ce mélange qui peut inquiéter certains cercles sécuritaires sionistes

Les propos de Naftali Bennett peuvent aussi être interprétés comme un repositionnement narratif. En désignant un « nouvel Iran », l’entité israélienne redéfinit son architecture des menaces.

Cependant, qualifier la Turquie de « nouvel Iran » simplifie une réalité plus complexe. Ankara n’est pas engagée dans une confrontation militaire directe avec l’entité israélienne Israël. Les tensions existent, mais elles relèvent davantage d’une rivalité d’influence que d’un conflit ouvert.

  • Par Belkacem

 

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