La relation entre l’Algérie et les Etats-Unis semble franchir une nouvelle étape. La visite effectuée à Alger par Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour l’Afrique, les Affaires arabes et le Moyen-Orient, a mis en évidence la volonté des deux pays d’élargir leur coopération à de nouveaux domaines, au-delà du cadre sécuritaire traditionnel.
Reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le responsable américain a placé sa visite sous le signe du renforcement de la sécurité régionale et de l’élargissement des opportunités économiques. « L’Algérie est un partenaire important pour les Etats-Unis dans le renforcement de la sécurité régionale, l’élargissement des opportunités économiques et la réalisation de la prospérité pour nos deux pays », a-t-il déclaré à l’issue de son entretien avec le chef de l’Etat. Dans un message publié sur X, Massad Boulos a également qualifié l’Algérie de « partenaire étroit » des Etats-Unis dans ces deux domaines. La composition des délégations algérienne et américaine ainsi que l’agenda du responsable américain témoignent de l’importance accordée à cette visite. Après son entretien avec le président Tebboune, Massad Boulos devait poursuivre ses discussions avec le Premier ministre, Sifi Ghrieb, et le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, avant une rencontre avec le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, consacrée au dossier énergétique. Il s’agit de la troisième visite de Massad Boulos en Algérie, après celles de juillet 2025 et janvier 2026. Cette nouvelle étape traduit une volonté d’approfondir le dialogue entre Alger et Washington et de donner une dimension plus concrète aux convergences existant entre les deux pays. Lors de sa rencontre avec le Premier ministre, les deux parties ont exprimé leur « satisfaction quant à la dynamique positive » que connaît le partenariat algéro-américain dans plusieurs domaines, notamment économique. Elles ont également examiné les moyens « d’approfondir et de diversifier » la coopération, d’accroître la présence des entreprises américaines en Algérie, d’élargir leurs investissements et d’augmenter le volume des échanges commerciaux. Cette évolution s’appuie sur une coopération sécuritaire qui s’est renforcée ces dernières années. La signature, en janvier 2025, d’un mémorandum d’entente militaire entre l’Algérie et les Etats-Unis avait marqué une nouvelle étape dans ce domaine, notamment à travers la formation, les exercices, la médecine militaire ainsi que la recherche et le sauvetage maritime. L’importance de l’Algérie dans la stabilité du Sahel, de la Libye et de l’espace africain constitue également un élément majeur de cette coopération. Pour Alger, le développement de ces relations s’inscrit parallèlement dans une démarche de diversification des partenariats, tout en préservant sa souveraineté et son principe de non-alignement. L’énergie demeure, dans ce contexte, un autre axe important du partenariat. La rencontre prévue entre Massad Boulos et le PDG de Sonatrach intervient alors que les discussions entre la compagnie nationale et plusieurs groupes américains, notamment ExxonMobil et Chevron, se poursuivent autour de l’exploration et du développement des ressources pétrolières et gazières algériennes. La coopération dépasse toutefois le seul secteur des hydrocarbures. Elle concerne également la décarbonation, la réduction des émissions de méthane, les énergies renouvelables et le transfert de technologies. Dans l’agriculture, le projet Baladna à Adrar constitue l’un des exemples de cette diversification, avec notamment l’importation progressive de vaches laitières américaines et la mise en place d’une filière d’élevage. Par Amina L.




























