La Casbah d’Oran : Mémoire d’une forteresse oubliée

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Perchée sur les hauteurs de la ville, la Casbah d’Oran demeure un témoin silencieux des siècles passés, où s’entrelacent conquêtes, résistances et métamorphoses urbaines. Bien que souvent éclipsée par d’autres monuments emblématiques, elle reste un site chargé d’histoire, reflet des dynamiques stratégiques et culturelles qui ont façonné Oran.

La Casbah d’Oran trouve son origine à l’époque ottomane, lorsqu’elle fut érigée sur les hauteurs dominant la mer et la vieille ville, dans l’actuel quartier de Sidi El Houari. Conçue comme une place forte, elle servait à protéger la cité contre les invasions et à assurer le contrôle du port, car Oran, en raison de sa position géographique, était convoitée par de nombreuses puissances.

Lors de la domination espagnole (1509-1708), la ville fut lourdement fortifiée, notamment avec la construction de la forteresse de Santa Cruz et d’autres bastions qui complétaient le système défensif. Mais c’est sous le bey Mohamed Ben Othmane, au XVIIIe siècle, que la Casbah prit véritablement son essor. Elle devint le centre du pouvoir ottoman à Oran après la reconquête de 1708 et le retour définitif des Ottomans en 1732.

Au-delà de son rôle militaire, la Casbah était aussi un espace de vie et d’administration. Elle abritait les palais des beys, des mosquées, des souks et des habitations traditionnelles aux ruelles sinueuses. Elle fut également le théâtre de luttes féroces, notamment lors de la reconquête française en 1831, marquant la fin du règne ottoman. Sous l’occupation coloniale, la Casbah perdit peu à peu son importance stratégique. De nombreux édifices furent détruits ou transformés, et l’urbanisation moderne modifia profondément son aspect d’origine.

Aujourd’hui, la Casbah d’Oran souffre de l’oubli et de l’érosion du temps. Son état de conservation précaire appelle à une prise de conscience urgente pour préserver ce pan essentiel de l’histoire oranaise. Des initiatives de restauration ont été évoquées, mais elles restent insuffisantes face aux défis posés par l’urbanisation galopante et le manque de moyens alloués à la préservation du patrimoine.

Malgré cela, la Casbah d’Oran conserve son charme et son aura mystérieuse. Pour ceux qui arpentent encore ses vestiges, elle raconte, à travers ses pierres, l’histoire tumultueuse d’une ville qui a toujours su renaître de ses cendres.    Rafik

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