Accident à In Salah : l’urgence d’agir

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Le 29 avril 2025, la route nationale n°1, surnommée la « route transsaharienne », a été le théâtre d’un énième drame en Algérie. À 15h20, une camionnette s’est renversée près d’In Salah, dans la province de Tamanrasset, au sud d’Alger, tuant neuf personnes et blessant dix autres, selon la Protection civile. Les victimes ont été évacuées vers l’hôpital local, mais ce nouveau bilan macabre, vient s’ajouter à une longue liste d’accidents meurtriers dans cette région. À l’heure où le pays pleure ses morts, une question s’impose : combien de tragédies faudra-t-il encore pour que la sécurité routière devienne une priorité nationale ?

La région de Tamanrasset n’en est pas à son premier drame. En juillet 2023, une collision entre un autocar et un véhicule utilitaire près de Tamanrasset avait fait 34 morts et 12 blessés, la plupart carbonisés dans un incendie. En décembre 2020, un autre accident dans la commune d’Aïn M’guel, sur la même route entre In Salah et Tamanrasset, avait coûté la vie à 20 personnes, dont 19 migrants subsahariens. Plus récemment, en avril 2024, un accident similaire au nord de Tamanrasset avait fait 9 morts.

Ces chiffres glaçants révèlent une réalité : la route transsaharienne, axe vital reliant le nord au sud du pays, est devenue une voie de mort, où la vitesse, l’état des véhicules et l’imprudence des conducteurs font des ravages.

En 2022, selon la délégation nationale de la Sécurité routière, l’Algérie a enregistré 22 980 accidents de la circulation, causant 3 409 morts et 30 479 blessés. La vitesse, notamment chez les conducteurs de transports en commun et de marchandises, est systématiquement pointée du doigt. Pourtant, les campagnes de sensibilisation et les contrôles renforcés semblent inefficaces face à l’ampleur du problème. Les infrastructures, souvent inadaptées aux longs trajets dans le désert, et le manque de maintenance des véhicules aggravent la situation.

Ce drame met aussi en lumière une autre facette tragique : la vulnérabilité des populations qui empruntent ces routes. La région de Tamanrasset, frontalière du Niger et du Mali, est un carrefour pour les transporteurs de marchandises. Ces véhicules, souvent surchargés et mal entretenus, deviennent des cercueils roulants. Derrière les chiffres, ce sont des familles brisées, des rêves anéantis, et une société qui paie un tribut trop lourd à l’insécurité routière.

Il est temps de dépasser les constats et les condoléances. Si l’Algérie veut briser ce cycle infernal, elle doit renforcer la formation des conducteurs, et imposer des normes strictes pour les véhicules, notamment ceux de transport. Les sanctions doivent être dissuasives, mais surtout accompagnées d’une véritable politique de prévention.

In Salah pleure aujourd’hui ses neuf victimes, mais demain, sans changement radical, d’autres noms viendront allonger la liste des martyrs de la route.     Riad

 

 

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