Abdelkader El Khaldi, la voix bédouine venue de Mostaganem

0
13
Il avait cette voix profonde qui portait la poussière des plaines, les douleurs de l’exil intérieur et les amours éternelles du chant bédouin.

Abdelkader El Khaldi restera l’une des grandes figures populaires de la chanson bédouine moderne en Algérie, un artiste qui a su préserver l’âme du Melhoun tout en lui offrant une nouvelle jeunesse. Né le 1er août 1957 à Sidi Bouhanifia, il grandit cependant à Mostaganem, ville qui façonnera sa sensibilité artistique.

Après une scolarité appliquée à l’école Blanche de Mostaganem, le jeune Abdelkader rejoint dès 1975 les services de la commune. Mais derrière l’employé discret sommeillait déjà un passionné de musique et de poésie populaire.

Très tôt, il intègre la chorale des Scouts musulmans algériens. Là, il apprend la discipline artistique, la maîtrise du rythme, l’art de poser la voix et surtout le respect du verbe poétique. Cette école du chant et de la rigueur fera de lui un interprète singulier, capable de moderniser le chant bédouin sans le dénaturer. La consécration arrive en 1985 lorsqu’il participe à l’émission mythique, Alhan wa Chabab, à Alger. Ce soir-là, il interprète la célèbre qasida ,Ouafit Ezzine , du grand poète Cheikh Abdelkader El Khaldi. Le succès est immédiat. Le public découvre une voix authentique, chaude et profondément enracinée dans le terroir oranais.

La même année, il apparaît dans l’émission télévisée, Rokn El Houat , où il chante , Bakhta , autre chef-d’œuvre du patrimoine populaire. Dès lors, Abdelkader El Khaldi devient un nom incontournable du chant bédouin algérien.

Son parcours ne se limite pas à la chanson. Le cinéma et la télévision lui ouvrent également leurs portes. Il joue le rôle d’un chanteur bénévole dans le téléfilm , Chaib El Khdim , réalisé par Zakaria. En 1987, il incarne même Cheikh El Hadj Hamada dans une œuvre télévisuelle en trois parties réalisées par El Hadj Ahmed Mansouri. Plus tard, en 1999, il marque les téléspectateurs avec l’interprétation mystique de , Malou Bta Aaliya ,sur le plateau de la télévision nationale.

Avec 43 albums à son actif, Abdelkader El Khaldi laisse derrière lui une œuvre immense. Ses chansons ont accompagné plusieurs générations d’Algériens. Parmi les plus célèbres figurent, Yamma Ya Bouya, Boya Kirani , Djar El Hem , Ya Habibi Baghi Nwassik , Kasdinkoum Leddar ou encore , Chehal Sberte , des titres devenus des classiques du répertoire bédouin.

Au-delà de l’artiste, c’est un homme simple et fidèle à ses racines que le public retiendra. Un chanteur qui a porté haut la poésie populaire algérienne et qui a su transmettre, avec sincérité, les émotions du peuple.

Abdelkader El Khaldi s’est éteint en décembre 2024 à Mostaganem, à l’âge de 67 ans. Mais sa voix, elle, continue de résonner dans les fêtes, les cafés populaires et les mémoires de toute une génération.

  • Par Belkacem

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici