Le Maroc et l’entité sioniste ont franchi une étape diplomatique attendue depuis près de six ans : les deux pays ont annoncé, à New York, leur intention d’élever leurs bureaux de liaison respectifs au rang d’ambassades et de procéder à la nomination d’ambassadeurs.
La décision a été actée lors d’une rencontre tripartite réunissant le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, son homologue israélien, Gideon Saar, et l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz. La réunion s’est tenue au lendemain d’une réception organisée par la diplomatie américaine pour célébrer le sixième anniversaire des accords d’Abraham, à laquelle avaient également pris part des représentants des Émirats arabes unis, de Bahreïn et du Kazakhstan — ce dernier ayant rejoint les accords en novembre 2025. C’est le ministère israélien des Affaires étrangères qui a rendu l’annonce publique en premier, sans toutefois préciser de calendrier pour l’ouverture effective des futures ambassades. Au-delà du symbole diplomatique, la déclaration adoptée à New York comporte plusieurs engagements concrets. Rabat et Tel-Aviv se sont fixé pour objectif de finaliser, avant la fin de l’année 2026, un accord de protection réciproque des investissements ainsi qu’une convention visant à éviter la double imposition. Les deux parties ont également prévu la reprise de liaisons aériennes directes, notamment par des compagnies marocaines — Royal Air Maroc ayant suspendu sa desserte Casablanca-Tel-Aviv après l’attaque du 7 octobre 2023 et le déclenchement de la guerre à Gaza. Des visites de haut niveau sont par ailleurs annoncées dans les prochains mois. Le Maroc et l’entité sioniste avaient rétabli leurs relations diplomatiques en décembre 2020, dans le cadre d’une déclaration trilatérale avec les États-Unis s’inscrivant dans le sillage des accords d’Abraham signés sous l’administration Trump. Un premier bureau de liaison israélien avait été inauguré à Rabat en 2021, et une annonce sur l’ouverture d’ambassades avait déjà été formulée en juin 2022 lors d’une visite du chef de la diplomatie israélienne de l’époque, Yaïr Lapid. Ce projet n’avait toutefois jamais abouti. Le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023 a nettement ralenti cette dynamique : l’entité sioniste avait alors rappelé une partie de son personnel diplomatique de Rabat, tandis que plusieurs volets de la coopération bilatérale étaient suspendus ou mis en veille. D’importantes manifestations s’étaient également tenues au Maroc en soutien à la population palestinienne, certaines réclamant l’abrogation pure et simple de la normalisation avec l’entité sioniste. Selon la presse marocaine, les canaux diplomatiques n’ont cependant jamais été totalement rompus, une réunion entre responsables marocains et diplomates israéliens ayant notamment eu lieu à Rabat dès janvier 2025. Par Chareff




























