Cinq jours après leur entrée en lice manquée, l’Algérie et la Jordanie se retrouvent ce mardi 23 juin (4h, heure algérienne) au Levi’s Stadium pour un duel qui ressemble déjà à un match couperet. Comptant pour la 2ème journée du groupe J de la Coupe du monde 2026, cette rencontre conditionnera largement les espoirs de qualification des deux sélections pour les seizièmes de finale.
L’entame de tournoi a été cruelle pour les deux camps. Les Fennecs de Vladimir Petković se sont inclinés 3-0 face à l’Argentine, tenante du titre, dominés par un Lionel Messi étincelant. Farès Chaïbi avait pourtant cru égaliser, avant de voir son but refusé pour hors-jeu. De son côté, la Jordanie, qui dispute sa toute première Coupe du monde de l’histoire, a chuté 3-1 contre l’Autriche malgré une entame courageuse. Résultat : au classement du groupe J, l’Argentine et l’Autriche occupent les deux premières places avec trois points chacune, tandis que l’Algérie et la Jordanie ferment la marche, toujours bredouilles. Un nouveau partage des points à Santa Clara n’éliminerait pas mathématiquement les deux équipes avant la 3ème journée, mais réduirait considérablement leurs chances de filer en huitièmes, y compris via la voie étroite des meilleurs troisièmes de groupe. Cette Coupe du monde marque le retour des Verts sur la grande scène, quatre ans après l’absence douloureuse de 2022. Arrivé en 2024 pour reconstruire une équipe sortie par la porte des quarts lors d’une CAN 2025 décevante, le sélectionneur bosno-suisse Vladimir Petković a peu à peu installé un collectif plus discipliné, organisé autour d’un bloc compact et de transitions rapides portées par des joueurs offensifs véloces. La Fédération algérienne de football lui a renouvelé sa confiance début juin en prolongeant son contrat jusqu’en 2028, signe que le projet dépasse le seul horizon du Mondial. Sur le plan de l’effectif, l’Algérie devra composer sans Samir Chergui, blessé, et avec un joueur suspendu. Mais l’armature de l’équipe reste solide, et face à une Jordanie présentée comme l’adversaire le plus abordable de la poule, les Fennecs n’ont pas le droit à l’erreur s’ils veulent retrouver leur statut de favori du groupe. En face, les Nashama vivent un moment historique. Jamais le pays n’avait participé à une Coupe du monde avant cette édition 2026. Cette qualification inédite doit beaucoup à la dynamique enclenchée lors de la finale de la Coupe d’Asie 2023, et au travail du technicien marocain Jamal Sellami, nommé en 2024, sous la direction duquel la sélection a terminé deuxième de son groupe au troisième tour des qualifications asiatiques. La force de cette jeune équipe réside dans sa cohésion et sa capacité à souffrir avant de frapper en contre-attaque, comme elle l’a montré par séquences contre l’Autriche. Mousa Al-Taamari, attaquant évoluant à Rennes, en est la principale référence offensive et le joueur sur lequel devront se concentrer les défenseurs algériens. Sellami devra toutefois rapidement faire oublier la déception du premier match à un groupe encore largement inexpérimenté à ce niveau de compétition. Sur le papier, l’Algérie aborde ce rendez-vous en position de favorite, les bookmakers la créditant d’une nette préférence pour la victoire. Mais l’enjeu psychologique de ce « match de la dernière chance » pourrait peser tout autant que la hiérarchie sportive. Une victoire relancerait pleinement les Fennecs dans la course à la qualification et leur permettrait de soigner leur différence de buts avant un dernier match de poule décisif. Un nouveau revers, en revanche, compliquerait sérieusement leurs plans, quelle que soit la suite du parcours. Par Charef S.



























