Mostaganem : Amar Benguella, l’homme qui terrifia le colonialisme français

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Dans la mémoire des montagnes de la Dahra, qui s’étendent entre El Amarna, Aïn Boudinar et Sidi Lakhdar, le nom d’Amar Benguella continue de résonner comme celui d’un homme qui a choisi de se battre seul à une époque où toute l’Algérie cherchait à se libérer du colonialisme français.

Il n’était ni un grand chef ni un militaire de haut rang, mais un simple citoyen lassé de l’oppression et de l’injustice de l’exploitation, qui a décidé de tester la résistance. Mais son histoire s’est transformée au fil du temps en une légende populaire transmise par les moudjahidines et les conteurs de la région de la Dahra, jusqu’à ce qu’il devienne un symbole de la résistance individuelle et d’un courage rare.

La région d’Amarna et d’Aïn Boudinar, où débutent les montagnes de la Dahra, est connue depuis l’occupation française de la ville de Mostaganem en 1833 comme une terre de résistance et de rébellion. Les montagnes escarpées et les forêts qui s’étendent entre Sidi Bel-Atar et Aïn Boudinar ont servi de refuge aux moudjahidines et aux révolutionnaires depuis les résistances de l’émir Abd el-Qadir jusqu’à la révolution de libération.

C’est dans ce milieu imprégné d’un esprit de rébellion qu’a grandi Amar Benguella, dont on estime que l’activité a débuté dans les années 1930, période qui a vu naître la conscience nationale et politique en Algérie, après des décennies de répression coloniale, de marginalisation, de pauvreté et de confiscation des terres.

Selon les témoignages de certains moudjahidines de la région, Amar Benguella agissait le plus souvent seul, se déplaçant entre les montagnes et les sentiers escarpés qu’il connaissait bien. Il menait des opérations de surprise contre les forces françaises, tirant parti de sa connaissance précise du terrain et du soutien de la population locale.

Son apparition soudaine puis sa disparition rapide semaient la terreur parmi les soldats français, à tel point que certaines patrouilles militaires évitaient de passer par les zones où l’on disait qu’il se trouvait. Aïcha… La femme qui a partagé la montagne et la peur avec Amar Benguella

Selon les récits qui circulent parmi les habitants des régions d’Aïn Boudinar et de Sidi Belattar, Amar Benguella avait demandé la main d’Aïcha à sa famille pour l’épouser par amour, mais l’un des chefs locaux collaborant avec l’administration coloniale française a voulu l’épouser en abusant de son influence et de son pouvoir. Cette période fut l’une des plus dures dans les campagnes algériennes, où certains « Ciyads » et « pachas » proches de l’administration coloniale jouissaient d’un pouvoir étendu sur la population, imposant des taxes et contrôlant les terres, voire le destin des gens et leurs relations sociales.

Selon la légende populaire, Aïcha refusa ce mariage imposé, tout comme Omar Ben Ghelal refusa qu’on lui enlève la femme avec laquelle il comptait fonder une famille. Face à l’influence du caïd collaborateur du colonialisme, il ne lui resta d’autre choix que de s’enfuir et de l’épouser loin des regards du colonialisme et de ses agents. On raconte qu’Amar Benguella enleva Aïcha et s’enfuit avec elle vers les montagnes de la Dahra, où il trouva refuge dans les sentiers escarpés et les forêts qui avaient toujours servi d’abri aux fugitifs et aux rebelles depuis les débuts de l’occupation française. C’est là que commença son véritable parcours de rébellion et de résistance.

L’homme qui s’était enfoncé dans la montagne pour défendre sa dignité s’est peu à peu retrouvé face à toute la puissance coloniale, pour devenir au fil des années l’un des résistants les plus redoutés de la région. Quant à Aïcha, elle n’était pas simplement une femme en fuite aux côtés d’un homme traqué, mais elle est devenue sa partenaire dans une vie pleine de dangers, de faim et de peur. Elle a partagé avec lui la vie des montagnes et des cachettes, et a enduré avec lui la traque coloniale et la dureté de l’exil au sein même de la patrie.

  • Par Belkacem

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