OCTOBRE ROSE EN ALGÉRIE : Prévention, dépistage et prise en charge au cœur de la stratégie nationale

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Chaque année, le mois d’octobre remet la prévention du cancer du sein au cœur de l’action de santé publique. En Algérie, « Octobre Rose » constitue désormais un temps fort de sensibilisation autour de l’importance du dépistage précoce, mais aussi une occasion de rappeler les efforts engagés pour renforcer la prévention, améliorer le diagnostic et consolider la prise en charge des personnes atteintes de cancer.

L’édition 2026 intervient dans un contexte marqué par la volonté des pouvoirs publics de donner une nouvelle impulsion à la lutte contre cette maladie, à travers une approche qui ne se limite plus au traitement, mais accorde une place croissante à la prévention et à l’intervention en amont.

Le cancer est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les systèmes de santé. En Algérie, cette réalité a conduit à la mise en place d’une stratégie nationale globale de prévention et de lutte contre le cancer, avec une perspective à l’horizon 2035. Cette stratégie, présentée au Conseil des ministres en mai dernier, vise à inscrire l’action dans la durée et à renforcer les différents maillons de la lutte contre la maladie.

Octobre Rose, un rendez-vous pour prévenir et dépister

Le cancer du sein occupe une place particulière dans cette mobilisation. À travers les campagnes organisées durant le mois d’octobre, les autorités sanitaires, les associations et les différents partenaires cherchent à faire passer un message essentiel : la détection précoce demeure l’un des moyens les plus importants pour améliorer les chances de prise en charge.

Cette année encore, la mobilisation s’est étendue à plusieurs secteurs. Le Croissant-Rouge algérien a lancé, dès le début du mois, un programme national consacré à la prévention et au dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus. Des actions de proximité sont également menées dans plusieurs wilayas afin de rapprocher l’information et le dépistage des populations.

Le ministère de la Solidarité nationale a, pour sa part, engagé un programme de terrain à travers les directions de l’action sociale et de la solidarité des wilayas, avec l’objectif de renforcer le travail de proximité et d’élargir le bénéfice des campagnes de sensibilisation et de dépistage.

Cette mobilisation concerne également les établissements de jeunes, qui participent à la diffusion des messages de prévention et à la promotion du dépistage précoce. L’objectif est de faire de la prévention une démarche collective et de toucher les différentes catégories de la population.

Agir avant la maladie

Au-delà du seul dépistage du cancer du sein, la politique nationale tend à accorder une importance croissante à la prévention primaire. L’Agence nationale de sécurité sanitaire a ainsi appelé, à la veille d’Octobre Rose, à renforcer l’action en amont et à agir davantage sur les facteurs de risque.

Cette orientation traduit une évolution importante dans l’approche de la maladie. Il ne s’agit plus uniquement d’améliorer les capacités de traitement, mais également de réduire, autant que possible, les facteurs susceptibles de favoriser l’apparition du cancer et de développer une véritable culture de prévention.

Le tabagisme, les mauvaises habitudes alimentaires, la sédentarité et l’obésité figurent notamment parmi les facteurs sur lesquels les politiques de santé peuvent agir. L’Agence nationale de sécurité sanitaire souligne, dans ce cadre, la nécessité d’une approche globale associant prévention, réduction des facteurs de risque, dépistage précoce et amélioration des capacités de prise en charge et de traitement.

Une stratégie nationale à l’horizon 2035

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer à l’horizon 2035. L’objectif est de consolider les acquis réalisés et de répondre aux nouveaux défis posés par l’évolution de la maladie.

La stratégie algérienne repose sur plusieurs dimensions complémentaires : prévenir les facteurs de risque, renforcer le dépistage, améliorer le diagnostic et la prise en charge thérapeutique, tout en développant la recherche et les compétences dans le domaine de l’oncologie.

Cette approche implique également de renforcer les structures spécialisées et de rapprocher progressivement les soins des patients. La lutte contre le cancer ne peut en effet être dissociée de la question de l’accès aux soins, particulièrement pour les personnes vivant loin des grands centres hospitaliers.

Renforcer les capacités de prise en charge

Le renforcement des capacités de traitement constitue ainsi l’un des autres volets de la stratégie nationale. Des efforts sont notamment consacrés à la radiothérapie, à travers l’extension des structures et l’amélioration des équipements disponibles.

L’enjeu est double : augmenter les capacités nationales de prise en charge et réduire les contraintes auxquelles peuvent être confrontés les patients, notamment en matière de déplacement vers les centres spécialisés.

Mais le traitement ne constitue qu’une étape du parcours. Une prise en charge efficace suppose une continuité entre la prévention, le dépistage, le diagnostic, l’orientation vers les structures spécialisées, le traitement et le suivi du patient.

Le défi des inégalités territoriales

Parmi les défis qui restent à relever figure précisément celui de l’accès équitable aux soins. Les différences entre les territoires imposent de poursuivre les efforts en matière de proximité, afin que les campagnes de dépistage et les services spécialisés puissent bénéficier au plus grand nombre.

Les actions mobiles et les campagnes organisées au niveau local constituent, dans ce contexte, un moyen de rapprocher la prévention des populations. Plusieurs wilayas ont ainsi organisé, au début de ce mois, des opérations de sensibilisation consacrées au dépistage précoce du cancer du sein.

Mais le véritable enjeu réside dans la continuité de la prise en charge. Un dépistage positif doit pouvoir être suivi rapidement d’examens complémentaires, d’un diagnostic précis et, lorsque cela est nécessaire, d’un traitement adapté.

Des données indispensables pour mieux orienter l’action

La connaissance précise de la situation épidémiologique constitue également un élément déterminant. Pour mieux prévenir et prendre en charge le cancer, il est nécessaire de disposer de données fiables permettant de mesurer l’évolution de la maladie, d’identifier les besoins et d’adapter les moyens.

La consolidation des registres du cancer et leur numérisation participent ainsi à l’amélioration du pilotage de la politique nationale. Une meilleure connaissance de la répartition des cancers et de leur évolution doit permettre de mieux cibler les actions de prévention et d’orienter les ressources disponibles.

Cette dimension rejoint l’objectif d’une politique de santé fondée davantage sur la prévention, l’anticipation et l’évaluation des besoins.

Faire de Octobre Rose un engagement permanent

Si Octobre Rose offre chaque année une importante visibilité à la lutte contre le cancer du sein, le principal défi reste de faire durer cette mobilisation au-delà du mois d’octobre.

La prévention ne peut être limitée à une campagne annuelle. Elle doit s’inscrire dans les habitudes de santé, à travers une information régulière, un recours plus systématique au dépistage et une meilleure connaissance des facteurs de risque.

C’est précisément dans cette perspective que s’inscrit la stratégie algérienne à l’horizon 2035 : agir plus tôt, dépister davantage, améliorer la prise en charge et renforcer les capacités du système de santé.

Ainsi, derrière le symbole d’Octobre Rose, c’est toute une politique de lutte contre le cancer qui se trouve mise en lumière. Une politique dont la réussite dépendra à la fois de la consolidation des moyens médicaux, de la proximité des soins, de la qualité du diagnostic et, surtout, de la capacité à faire de la prévention une véritable culture de santé publique.

En Algérie, le défi est désormais de transformer la mobilisation d’octobre en un engagement permanent : prévenir avant de traiter, dépister avant que la maladie ne progresse et garantir à chaque patient un parcours de soins adapté.  Par Amina L.

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