La menace ne se limite plus au détroit d’Détroit d’Ormuz. En évoquant désormais « un autre détroit », Téhéran laisse clairement entendre que le Détroit de Bab el‑Mandeb pourrait devenir la prochaine pièce du bras de fer géopolitique.
Ce passage maritime, situé entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, constitue l’une des artères vitales du commerce mondial. Relié directement au Canal de Suez, il voit transiter une part considérable du pétrole mondial et une portion importante du commerce maritime international.
La référence iranienne à ce second détroit ne relève plus du simple symbole. Elle s’inscrit dans une logique stratégique claire : faire comprendre aux grandes puissances que toute tentative d’asphyxie économique contre l’Iran pourrait être répliquée par une pression équivalente sur les voies maritimes globales.
Selon cette logique, la transformation du détroit de Bab el-Mandeb en zone de tension militaire s’appuierait sur les capacités déployées au Yémen par des forces alliées de Téhéran. Drones, missiles antinavires et embarcations explosives pourraient suffire à perturber le trafic dans ce couloir maritime extrêmement étroit.
Les conséquences seraient immédiates. Toute déstabilisation durable dans cette zone obligerait une grande partie du commerce mondial à contourner l’Afrique via le Cap de Bonne‑Espérance. Un tel détour allongerait les trajets de plusieurs milliers de kilomètres, faisant exploser les coûts du transport maritime, les primes d’assurance et les délais d’approvisionnement.
Pour l’économie mondiale, déjà fragilisée par les tensions géopolitiques et les perturbations logistiques, un tel scénario pourrait provoquer un choc comparable à celui des grandes crises énergétiques.
Le message stratégique adressé aux États-Unis est transparent : toute tentative de blocage des ports iraniens ou d’attaque contre ses infrastructures pourrait entraîner une riposte sur les routes maritimes internationales.
Dans cette confrontation, les détroits deviennent des instruments de pression géopolitique. Ils ne sont plus seulement des passages commerciaux, mais des leviers capables d’influencer l’équilibre économique mondial.
En évoquant simultanément Ormuz et Bab el-Mandeb, Téhéran laisse planer la perspective d’une double pression maritime sans précédent. La fermeture simultanée de ces deux passages stratégiques constituerait un scénario redouté par les marchés et les puissances maritimes.
La question est désormais simple : Washington poursuivra-t-il la pression au risque de provoquer un blocage des routes commerciales mondiales, ou choisira-t-il de désamorcer l’escalade avant que la guerre des détroits ne devienne une réalité ?
- Par Belkacem






























