Le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed devra examiner, au mois d’avril prochain, un dossier judiciaire d’envergure impliquant plusieurs accusés, dont l’ancien ministre des Participations et de la Promotion de l’investissement, Abdelhamid Temmar, actuellement en fuite et sous le coup d’un mandat d’arrêt international.
L’affaire, instruite par la huitième chambre du pôle spécialisé, porte sur des faits présumés de gestion irrégulière et de privatisation controversée d’une entreprise publique relevant du groupe ERIAD, en l’occurrence les Moulins de Tiaret. Elle implique également le gérant de la société « Ikhlas », ainsi que d’autres coaccusés. Selon les éléments de l’enquête rapportés par la presse, le dossier concerne une opération de cession d’actifs publics intervenue sur la base d’une décision du Conseil des participations de l’État datant de 2006, ayant abouti au transfert de biens industriels et fonciers au profit de la société précitée, pour des montants qualifiés de symboliques. Les investigations judiciaires font état de plusieurs irrégularités présumées, notamment une sous-évaluation des actifs concernés, des incohérences dans les procédures d’expertise, ainsi que l’intégration de biens immobiliers et équipements qui ne figuraient pas initialement dans le périmètre de la cession. D’après les mêmes sources, une expertise judiciaire indépendante aurait estimé la valeur réelle des biens concernés à plusieurs milliards de dinars, très largement supérieure aux montants effectivement enregistrés lors de l’opération de transfert. Le dossier évoque également des anomalies dans la qualification des unités de production, certaines ayant été présentées comme non opérationnelles, alors que des éléments techniques indiquent la poursuite de leur activité et l’existence de programmes de maintenance réguliers durant la période considérée. Sur le plan procédural, les mis en cause devront répondre de plusieurs chefs d’inculpation, dont abus de fonction, octroi d’avantages indus, dilapidation de deniers publics, blanchiment d’argent et participation à une organisation criminelle, selon les qualifications retenues par le parquet. L’ancien ministre Abdelhamid Temmar est également poursuivi dans le cadre d’une procédure antérieure pour des faits similaires, ayant déjà conduit à une condamnation à dix ans de prison ferme en 2023, assortie d’un mandat d’arrêt international. Ce nouveau renvoi devant la juridiction spécialisée s’inscrit dans la poursuite des procédures engagées par la justice algérienne dans le traitement des dossiers liés à la gestion du foncier industriel et aux opérations de privatisation intervenues durant les années 2000. Par Amina L.






























