À voir les gratte-ciel de Dubaï, les armées flambant neuves et les contrats d’armement à milliards, on pourrait croire que les monarchies du Golfe sont prêtes à affronter n’importe quel ennemi. Mais face à l’Iran, ces puissances en vitrine ressemblent davantage à des vitrines… sans fond.
Car la réalité est brutale : missiles iraniens qui traversent le ciel, bases frappées, infrastructures touchées… et en réponse ? Des communiqués, des appels au calme, et beaucoup de silence. Alors, lâcheté ? Pas si simple.
D’abord, il faut rappeler une évidence que les discours officiels maquillent : l’Iran n’est pas un adversaire ordinaire. C’est une puissance régionale structurée, idéologiquement mobilisée, militairement aguerrie et solidement implantée dans tout le Moyen-Orient via ses alliés. En face, les monarchies du Golfe sont riches, très riches… mais leur puissance repose davantage sur les marchés financiers que sur les champs de bataille.
Leur véritable talon d’Achille tient en un mot : ‘’vulnérabilité’’. Leurs villes sont ouvertes, leurs économies dépendent du commerce mondial, et surtout, leur survie passe par un point géographique minuscule : le détroit d’Ormuz. Or, ce couloir vital transporte près de 20 % du pétrole mondial. Autrement dit, un simple blocage iranien pourrait transformer leurs empires luxueux en économies paralysées en quelques jours.
Alors, on ne provoque pas celui qui tient le robinet. Mais ce n’est pas tout. Derrière les uniformes impeccables et les avions dernier cri, une autre vérité dérange : ces États ont externalisé leur sécurité. Bases américaines, protection occidentale, alliances fluctuantes… leur défense repose largement sur d’autres. Et quand ces “protecteurs” déclenchent des crises, ce sont eux qui encaissent les représailles.
Résultat : ils subissent une guerre qui n’est même pas la leur. Le paradoxe devient alors presque comique : ces mêmes pays qui ont joué aux apprentis stratèges en Libye, au Yémen ou en Syrie, découvrent soudain les limites de leur puissance dès que le feu s’approche de leurs propres frontières.
Intervenir loin, oui. Encaisser chez soi, non. Ce n’est donc ni de la lâcheté pure, ni une simple faiblesse militaire. C’est une stratégie de survie : éviter l’escalade à tout prix face à un adversaire capable de transformer leurs vitrines de luxe en cibles à ciel ouvert.
Car au fond, les monarchies du Golfe ne sont pas construites pour faire la guerre… mais pour éviter qu’elle arrive jusqu’à elles. Et face à l’Iran, elles ont compris une chose essentielle : on peut acheter des armes, mais pas l’immunité.
- Par Belkacem































