Dans l’histoire de l’Algérie du XIXe siècle, dominée par les récits de conquêtes militaires, de tribus insurgées et d’administrations coloniales, certaines figures demeurent mystérieuses, presque effacées de la mémoire collective.
Parmi elles, une femme intrigue encore historiens et chroniqueurs : Halima, surnommée « la Caïda », importante propriétaire terrienne de l’Ouest algérien durant la période de Napoléon III.
À une époque où le pouvoir foncier et politique était presque exclusivement détenu par des hommes, Halima aurait réussi à imposer son autorité dans plusieurs régions de l’Ouest algérien, notamment dans les plaines fertiles proches de Mostaganem et de Mascara.
Son nom circulait parmi les tribus, les notables et même dans certains rapports administratifs français de l’époque coloniale.
Durant le Second Empire français, entre 1852 et 1870, l’Algérie connaît une transformation profonde. Napoléon III défend alors son projet du « Royaume arabe », une vision politique visant à s’appuyer sur les élites locales et les grands propriétaires algériens afin de stabiliser le territoire.
C’est dans ce contexte qu’émerge la figure de Halima. Selon plusieurs récits oraux et archives fragmentaires, elle possédait de vastes terres agricoles exploitées par des familles rurales et des tribus alliées.
Elle gérait des domaines où l’on cultivait céréales, élevage et oliviers, constituant ainsi une véritable puissance économique régionale.
Le titre de « Caïda » n’était pas anodin. Il désignait généralement une personne investie d’une autorité administrative ou tribale reconnue par le pouvoir en place. Pour une femme, porter ce titre dans l’Algérie du XIXe siècle relevait de l’exception.
Halima aurait entretenu des relations complexes avec l’administration coloniale française. Comme beaucoup de notables de l’époque, elle devait composer entre préservation des intérêts locaux et pression des autorités militaires françaises qui cherchaient à contrôler les terres les plus fertiles de l’Ouest.
Des témoignages évoquent une femme réputée pour son intelligence politique, capable de négocier avec les officiers français tout en conservant l’appui des tribus locales.
Dans certaines régions, son influence dépassait même celle de plusieurs chefs traditionnels masculins.
Les récits populaires la décrivent également comme une femme de caractère, connue pour défendre ses terres face aux tentatives de confiscation coloniale qui se multipliaient après les grands bouleversements fonciers imposés par la France.
Aujourd’hui, peu de documents détaillés subsistent sur Halima la Caïda. Comme beaucoup de figures féminines de l’histoire algérienne, son parcours demeure dispersé entre archives coloniales, traditions orales et souvenirs transmis dans certaines familles de l’Ouest algérien.
Pourtant, son histoire rappelle que les femmes ont aussi joué un rôle majeur dans la gestion des territoires, des tribus et de l’économie rurale.
À travers Halima, c’est toute une page méconnue de l’histoire des femmes qui ressurgit : celle de femmes qui ont marqué l’histoire de l’Algérie durant la guerre contre le colonialisme .
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Par Belkacem





























