Sidi Ali, le réveil du Dahra

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L’histoire de la commune de Sidi Ali plonge dans l’Antiquité. Mostaganem, dont dépend Sidi Ali, est fondée à l’époque phénicienne sous le nom de *Murustaga*, comptoir commercial stratégique. Plus tard, les Romains reconstruisent et renomment la cité *Cartenna*.

Si Sidi Ali même n’a pas de vestiges romains directs cités, la commune abrite aujourd’hui un *musée avec un espace archéologique* exposant des pièces d’un site acheuléen, témoin d’une occupation humaine bien plus ancienne.

Le nom actuel de Sidi Ali vient d’un saint du XVe siècle, *Sidi Ali El-Ketroussi*, beau-fils de Sidi Afif El-Maghraoui. Fuyant l’Andalousie, ils s’installent chez les Maghraouas du Dahra. Deux mausolées leur rendent hommage, dont celui de *Sidi Afif* encore visible.

Époque coloniale ,Cassaigne

L’actuelle Sidi Ali appartient à la tribu des *Mzila*, fraction des Beni Zeroual, issue des Maghraouas.

En *1873*, la tribu cède une partie de ses terres pour la création du centre colonial. Le centre de population *Cassaigne* est officiellement créé par arrêté du *18 février 1874* sur la route du Dahra, puis érigé en commune le 23 octobre 1956.

La ville porte le nom du colonel Cassaigne et devient daïra en 1958.

Durant la guerre d’Algérie  la région paie un lourd tribut. Le cimetière des martyrs de Sidi Ali abrite les tombes de figures comme *Benabdelmalek Ramdane* du Groupe des 22.

Le 14-16 septembre 1956, la bataille de Sidi Zeggai oppose la katiba du chahid Mohamed Djebli aux forces françaises. En 2019, neuf chouhada sont réinhumés dans la commune. À l’indépendance, Cassaigne reprend le nom du saint et devient *Sidi Ali*.

Économie et développement 

Longtemps agricole, la daïra se tourne vers l’industrie. Le *22 septembre 2025*, une réunion a validé l’étude préliminaire d’une zone d’activités économiques de 1 hectare. Le projet prévoit 24 lots de 225 à 300 m², un pavillon administratif, parking et clôture. Objectif : diversifier une économie encore marquée par l’agriculture.

Patrimoine

– Jardin botanique au centre, dans l’ancienne mairie

– Musée de la ville, ancien centre de torture, avec section archéologique et section guerre d’Algérie

– Mausolée de Sidi Afif

La guerre civile des années 1990 marque la ville. Le *1er novembre 1994*, une bombe au cimetière tue 5 enfants scoot.

Entre mémoire et développement ,de Murustaga à Cassaigne puis Sidi Ali, la ville porte les strates de l’Algérie ,berbère, andalouse, coloniale, révolutionnaire. Aujourd’hui daïra de 40 000 habitants, elle mise sur sa future zone d’activités pour ne plus être seulement un lieu de mémoire, mais un pôle économique du Dahra.

Le camp de tortures de Sidi Ali

À Sidi Ali, l’ancien centre de torture de l’époque coloniale française a été transformé après l’indépendance en *Musée de la ville*.

Le musée comprend aujourd’hui *deux sections , un Espace archéologique : pièces d’un site acheuléen, vestiges préhistoriques de la région et un Espace Guerre d’Algérie consacré à l’époque coloniale française et à la guerre de libération. C’est dans ce lieu que furent pratiquées tortures et interrogatoires pendant la guerre d’Algérie.

  • Par Hadj Benaceur

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