Alors que les rumeurs de transition au sommet de l’État alaouite s’intensifient, un nom que l’on croyait effacé des registres officiels revient hanter les couloirs du Palais Royal : celui de Lalla Salma. Absente de la scène publique depuis son divorce feutré avec le Roi Mohammed VI, l’ex-consort préparerait, selon plusieurs sources proches du sérail, un retour en force dicté par une soif de justice – ou de revanche – contre celles qu’elle considère comme les artisanes de sa chute : les sœurs du monarque.
Depuis 2018, la « Princesse du peuple » était devenue un fantôme iconique. Brillante, moderne et première épouse de souverain à porter un titre officiel, Lalla Salma avait brisé les codes séculaires du Maroc. Pourtant, sa disparition soudaine des radars médiatiques avait alimenté les théories les plus folles. Derrière les murs de la cour, il se murmure que la cohabitation avec les sœurs du Roi – Lalla Meryem, Lalla Asma et Lalla Hasna – était devenue un champ de bataille permanent. Ces dernières, gardiennes d’une tradition plus conservatrice et jalouses de leur influence sur leur frère, auraient perçu l’ascension de Salma Bennani comme une menace directe à leur hégémonie au sein de la Maison Royale. L’heure de la vérité approche avec la montée en puissance du Prince Héritier, Moulay El Hassan. Le jeune futur Roi, décrit comme très proche de sa mère et marqué par les épreuves qu’elle a traversées, s’apprête à prendre les rênes du pays. « Dans la tradition monarchique, le fils venge souvent l’honneur de la mère, » confie un analyste politique sous couvert d’anonymat. « L’intronisation n’est pas seulement un changement de souverain, c’est une purge des équilibres internes. » Selon des sources concordantes, l’ancienne épouse royale n’est pas restée inactive durant ses années de retrait. Elle aurait maintenu un cercle d’influence fidèle, attendant que son fils atteigne la maturité nécessaire pour agir. La stratégie de « revanche » évoquée par certains observateurs se déclinerait en trois points clés : l’éviction physique, le démantèlement des privilèges et le retrait des présidences. Les sœurs du Roi occupent, en effet, actuellement des postes prestigieux à la tête de fondations et d’organisations nationales. Celles-ci pourraient être redistribuées à des fidèles de la « nouvelle Reine-Mère ». La tension est palpable au sein du Makhzen. D’un côté, le clan des Princesses, soutenu par la vieille garde qui voit d’un mauvais œil ce retour de flamme. De l’autre, la garde rapprochée de Moulay El Hassan, désireuse de moderniser l’image de la monarchie en rendant à Lalla Salma sa dignité et son rôle central, ne serait-ce que dans l’ombre du trône. Si ces prédictions se confirment, l’accession au trône de Moulay El Hassan marquera la fin d’une époque pour les sœurs de Mohammed VI. Le retour de Lalla Salma dans l’équation du pouvoir n’est pas seulement une affaire de famille, c’est un signal politique fort. En chassant ses tantes pour restaurer sa mère, le futur Roi enverrait un message de rupture : celui d’un règne où la loyauté filiale prime sur les intrigues de palais. Pour Lalla Salma, le plat de la vengeance, longtemps resté au frais dans les jardins de Rabat, semble enfin prêt à être servi. Par Charef S.































