Le gouvernement accélère pour solder le dossier des unités industrielles récupérées dans le cadre des affaires de corruption. La date du 31 décembre 2026 est désormais fixée pour achever les opérations de récupération et de remise en activité.
Le dossier des biens industriels confisqués connaît une nouvelle accélération. Après plusieurs années consacrées à l’exécution des décisions de justice et à la récupération des actifs concernés, les pouvoirs publics veulent désormais passer à la dernière étape : leur remise effective en exploitation. Le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, a confirmé cette orientation jeudi dernier à Annaba, à l’occasion d’une visite de travail consacrée à plusieurs installations industrielles. Devant la presse, il a assuré que son département poursuit les opérations selon un calendrier précis. «Nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir achevé le processus», a-t-il affirmé, annonçant des échéances fixées au 31 décembre 2026. Sans avancer de nouveau bilan chiffré, le ministre a toutefois fait savoir qu’«une grande partie» des unités concernées avait déjà été récupérée. Le travail restant porte donc essentiellement sur les dernières opérations à finaliser. Le dossier figure parmi les priorités affichées par les pouvoirs publics. Mercredi dernier, lors de l’inauguration de l’usine de fabrication de systèmes de freinage de Reghaïa, à Alger, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, avait rappelé que la récupération des biens détournés et leur retour dans le circuit économique national constituent un chantier majeur du quinquennat présidentiel. Le gouvernement entend ainsi donner une nouvelle vie aux unités récupérées, avec un double objectif : préserver l’outil de production et maintenir les emplois. L’exécution des décisions de justice définitives demeure au centre de cette démarche. Les biens confisqués doivent progressivement retrouver leur place dans le patrimoine public et, surtout, contribuer de nouveau à l’activité économique. Le processus engagé depuis plusieurs années a permis la récupération de nombreux actifs appartenant à des hommes d’affaires, responsables politiques et hauts cadres condamnés définitivement dans des affaires de corruption. Les dernières statistiques rendues publiques l’année dernière par le directeur général des Domaines faisaient état de 139 unités industrielles récupérées. Plusieurs dossiers emblématiques ont déjà été réglés. L’usine de production d’huile de table Safia, appartenant aux frères Kouninef, a ainsi été intégrée au groupe public Agrodiv. La sucrerie de Khemis El-Khechna, anciennement propriété de l’homme d’affaires Maâzouz, a, quant à elle, été transférée au groupe public Madar. Autre actif récupéré : la grande usine africaine de fabrication de conduites de grande dimension, implantée dans la zone industrielle de Fornaka. Au-delà de la récupération juridique des biens, l’enjeu est désormais leur exploitation effective. Pour encadrer cette nouvelle phase, les pouvoirs publics ont renforcé les mécanismes de gestion des actifs confisqués. Une agence spécialisée a été créée à cet effet, tandis qu’une commission est chargée de leur réaffectation à des entreprises publiques capables d’assurer leur redémarrage. La préservation des emplois et la continuité de l’activité restent parmi les principales exigences. Le ministère de l’Industrie a également misé sur la numérisation. Une plateforme dédiée au suivi des biens confisqués a été lancée à la fin de l’année dernière. Placée sous la supervision de l’Inspection générale du ministère, elle doit permettre d’unifier les procédures, d’améliorer le suivi des actifs et de contrôler leur remise en exploitation. À moins de cinq mois de l’échéance, le compte à rebours est donc lancé. Le gouvernement veut désormais transformer les actifs récupérés en unités productives, capables de contribuer à la création de richesses, au maintien de l’emploi et à la relance de l’appareil industriel national. Amina L




























