La photographie d’Ahmed al-Sharaa (alias al-Joulani) en compagnie d’un terroriste égyptien recherché et d’un conseiller du président Erdogan envoie un signal négatif à l’Égypte. Cette image troublante a rapidement été remplacée dans le contexte général des événements récents, marqués par un regain d’activité de la confrérie égyptienne à l’étranger, dans le sillage des bouleversements en Syrie.
Diffusée sur le site ‘’El-Arab ‘’et divers médias et réseaux sociaux, cette photo montre Ahmed al-Sharaa, chef de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), aux côtés de Yasin Aktay, conseiller présidentiel turc, et de Mahmoud Fathy. Ce dernier, condamné à mort en Égypte pour plusieurs affaires de violences et d’attentats, est considéré comme l’un des fugitifs égyptiens les plus actifs. La présence de Fathy sur cette photo confère une portée symbolique et politique forte, en raison de son rôle clé dans les tentatives de mobilisation des opposants égyptiens en exil. Cette image s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par une résurgence des activités de la confrérie égyptienne hors du pays, notamment à travers son aile armée, le Mouvement du Changement. Ce dernier, qui avait tenté une rébellion armée après le renversement de Mohamed Morsi en 2013, avait vu ses efforts contrecarrés par l’armée égyptienne.
Les trois protagonistes de cette photo soulèvent des interrogatoires : Yasin Aktay , conseiller proche du président turc, joue un rôle central dans la stratégie de soutien aux islamistes arabes depuis la Turquie. Observé en Égypte dès 2011 lors de la révolution ayant renversé Hosni Moubarak, Aktay entretenait des relations étroites avec les islamistes égyptiens. L’égyptien, Mahmoud Fathy , jihadistes affilié à la confrérie, a été condamné à mort pour son implication dans des affaires terroristes, notamment l’assassinat du procureur général Hisham Barakat. Activement engagé dans des tentatives de relance de la mobilisation populaire en Égypte, il continue d’appeler à une réorganisation des groupes d’opposition internes. Ahmed al-Joulani , leader de HTS, incarne une armée d’opposition ayant infligé des revers significatifs au régime syrien, inspirant d’autres acteurs à persister dans leurs efforts de confrontation.
L’apparition de ces trois figures devant ce qui est présentée comme le siège du gouvernement syrien soulève de nombreuses questions : La Turquie cherche-t-elle à relancer des scénarios de manipulation impliquant la confrérie contre le régime égyptien ?Existe-t-il un partage implicite des rôles entre Israël et la Turquie, où Israël se concentre sur l’Iran et ses alliés, tandis que la Turquie agit par l’intermédiaire de ses mandataires traditionnels, la confrérie et les groupes jihadistes ?
La réalité sur le terrain semble confirmer des interactions et avantages mutuels entre deux projets régionaux non arabes : Israël et la Turquie. Tandis que Tel-Aviv sape l’influence iranienne dans la région, Ankara joue un rôle stratégique en permettant à Israël de consolider sa domination régionale, notamment après la marginalisation de l’armée syrienne. Cela pourrait ouvrir la voie à un remodelage des équilibres géopolitiques au profit des intérêts israéliens pour les décennies à venir. Riad






























