Dressé sur une hauteur faisant face à la mer, à proximité immédiate de la plage de Sidi El Medjdoub, le mausolée du même nom constitue l’un des lieux de mémoire religieuse et populaire les plus connus de Mostaganem. Surplombant le littoral, ce sanctuaire ancien l’un des rares sanctuaires maritimes et côtiers intègres au tissu urbain de la ville. Il surplombe une plage très fréquente et riche en souvenirs familiaux et historiques et demeure profondément ancré dans la mémoire des habitants de la ville
Autrefois, le site vibrait au rythme des waadates (fêtes populaire) et des rassemblements de confréries religieuses. Les familles de Mostaganem s’y rendaient au printemps et en été pour chercher la bénédiction (Baraka), mais aussi pour s’y trouver dans un esprit de convivialité et de respect mutuel. Et continue d’accueillir, particulièrement durant la saison estivale, de nombreux Mostaganémois ainsi que des visiteurs de passage. Les travaux consacrés au site confirment que le mausolée de Sidi El Medjdoub se trouve sur une hauteur face à la mer et que la plage porte le nom de ce personnage considéré comme un saint dans la région. L’histoire de Sidi El Medjdoub reste cependant entourée d’une part de tradition orale. Les sources disponibles le présentent comme un poète du XVIᵉ siècle, connu notamment pour ses adages et ses compositions consacrées à différents aspects de la vie sociale. La tradition locale l’a considéré comme un homme pieux et un saint, faisant de son lieu de sépulture un espace de recueillement qui a traversé les générations. La plage de Sidi El Medjdoub occupait également une place particulière dans les habitudes des familles mostaganémoises. Autrefois très fréquentée par les familles de la ville durant la période estivale, elle était organisée selon une tradition locale liée au respect accordé au mausolée. La côte était ainsi traditionnellement divisée en deux espaces : une partie davantage fréquentée par les femmes accompagnées de leurs jeunes enfants, tandis qu’une autre partie était principalement occupée par les hommes. Cette organisation, issue des usages sociaux et des traditions de l’époque, permettait aux familles de profiter du bord de mer tout en préservant la quiétude et le caractère particulier attribué au lieu. Cette particularité donne à la plage et au mausolée une dimension supplémentaire dans les souvenirs des anciennes générations. Pour de nombreuses familles mostaganémoises, Sidi El Medjdoub ne représentait pas seulement un lieu de baignade, mais un espace associé à des habitudes familiales, au respect du sanctuaire et à une certaine manière de vivre le littoral. Au fil du temps, le mausolée est devenu beaucoup plus qu’un simple édifice religieux. Pour les Mostaganémois, il constitue un véritable repère dans le paysage de Kharrouba. Durant la saison estivale, alors que la plage connaît une importante fréquentation, le mausolée reçoit également des visiteurs venus se recueillir ou simplement découvrir ce lieu chargé d’histoire. Le mausolée conserve également une place particulière dans certaines traditions familiales. Lors des périodes de mariage, il arrive que des cortèges nuptiaux fassent une halte à proximité du sanctuaire. Selon la tradition rapportée par les habitants, les futurs époux viennent effectuer une ziyara, chacun selon les usages de sa famille, dans l’espoir de recevoir la bénédiction et la baraka. Cette halte s’inscrit dans le parcours traditionnel de certains cortèges qui marquent un arrêt sur ce lieu chargé de mémoire. L’attachement des habitants au site se manifeste également par les efforts de volontaires qui veillent à son entretien. Malgré les transformations urbaines et touristiques qu’a connues Kharrouba, le mausolée a conservé sa place dans le paysage et dans la mémoire collective. Son environnement continue ainsi de rappeler une époque où les lieux de culte, les traditions familiales et les espaces naturels étaient étroitement liés dans la vie quotidienne des Mostaganémois. Le nom de Sidi El Medjdoub reste ainsi indissociable de celui de la plage, de Kharrouba et, plus largement, de la mémoire de Mostaganem. Entre les souvenirs des familles, les visiteurs estivaux, les traditions liées aux mariages et l’entretien assuré par les volontaires, ce mausolée demeure un témoin vivant d’un patrimoine religieux et immatériel transmis de génération en génération. À l’heure où la ville connaît de profondes transformations, préserver ce type de patrimoine signifie également sauvegarder les récits, les traditions et les souvenirs qui l’accompagnent. Face à la mer, le mausolée de Sidi El Medjdoub continue ainsi de veiller symboliquement sur un site qui a longtemps occupé une place particulière dans le cœur des Mostaganémois. . Face à la mer, Sidi El Medjdoub demeure ainsi un témoin vivant d’une partie de l’histoire et du patrimoine immatériel de la ville, transmis de génération en génération. Par Tayeb Bey Abdelkader




























