CORRUPTION: l’ex-ministre Heddam et d’anciens responsables devant la justice

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L’ex-ministre du Travail, Tidjani Hassen Heddam, comparaîtra le mardi 23 septembre prochain devant le pôle pénal économique et financier d’Alger, aux côtés de plus d’une dizaine de coaccusés, dont un ancien directeur des Domaines (D.W.) et deux ex-présidents de l’APC de Kouba.

Ils sont poursuivis dans une affaire de corruption liée à l’acquisition d’un immeuble inachevé par le CNAS (Caisse nationale des assurances sociales des travailleurs salariés), pour un montant dépassant 580 milliards de centimes. La tenue de ce procès intervient après le report décidé par la présidente de la deuxième chambre du pôle économique et financier, suite à la demande de la défense qui sollicitait un délai d’un mois afin de mieux examiner le dossier. Finalement, la magistrate a fixé la nouvelle audience au 23 septembre. L’affaire remonte à une enquête ouverte par l’Office central de répression de la corruption il y a quatre ans. Les investigations ont mis au jour de graves irrégularités dans une opération d’achat d’un immeuble en cours de construction, destiné à un usage administratif, situé à Kouba (Alger). Bien que la bâtisse n’ait été qu’une structure inachevée composée de piliers, elle a été acquise au prix de 600 milliards de centimes hors taxes, sans appel d’offres, contrairement à la réglementation en vigueur. L’immeuble devait couvrir une superficie de 15 000 m², mais seulement 13 000 m² sont réellement exploitables. L’enquête a également révélé que le promoteur immobilier bénéficiaire de la transaction a perçu d’importantes avances financières, alors même que le bâtiment n’avait pas été livré à l’ouverture de l’instruction. De plus, l’ancien directeur général du CNAS n’avait pris aucune mesure de sanction ou de mise en demeure à l’encontre du promoteur. Les enquêteurs ont conclu que le CNAS, en tant qu’organisme public, aurait pu faire appel à une entreprise publique pour ériger un siège administratif à un coût bien moindre, plutôt que d’acquérir un immeuble inachevé auprès d’un opérateur privé pour une somme jugée excessive. L’ancien ministre Tidjani Hassen Heddam, qui avait approuvé l’opération, est actuellement placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire national. Ses coaccusés, parmi lesquels des cadres de l’administration et des élus locaux, devront répondre de faits de dilapidation de deniers publics, abus de fonction et violation de la réglementation des marchés publics. Le procès du 23 septembre devrait permettre de déterminer les responsabilités de chacun et de faire toute la lumière sur ce scandale qui a éclaboussé l’un des plus importants organismes sociaux du pays.

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