Le pôle pénal économique et financier de Sidi Ahmed ouvre, mercredi 6 mai, un dossier judiciaire d’une grande ampleur portant sur des soupçons de corruption au sein du secteur des œuvres universitaires et de la gestion des marchés publics, impliquant plus de quarante personnes, dont des responsables, des fonctionnaires et des opérateurs économiques.
Ce dossier sensible, marqué par de graves présomptions de détournement de fonds publics et d’octroi d’avantages indus, porte sur des marchés liés à l’approvisionnement des structures universitaires en denrées alimentaires, ayant engendré des pertes financières estimées à plusieurs milliards de dinars. Selon les éléments de l’enquête, l’affaire a été déclenchée en mai 2024 à la suite de investigations menées par les services compétents de lutte contre la corruption, après la mise au jour de pratiques suspectes dans l’attribution de marchés publics au niveau de plusieurs directions des œuvres universitaires. Les investigations ont révélé des irrégularités dans la gestion des marchés à travers plusieurs wilayas, notamment Djelfa, Oran et Mostaganem, portant sur la manipulation des cahiers des charges et la violation des règles de concurrence, dans le but de favoriser certains opérateurs économiques au détriment des procédures légales. Le dossier fait également état de soupçons de passation irrégulière de marchés relatifs à la fourniture des restaurants et résidences universitaires en produits alimentaires essentiels, notamment viandes, lait, fruits et légumes, impliquant des opérateurs privés, dont des importateurs. Dans le cadre de l’instruction, le juge a ordonné la désignation d’un expert chargé d’examiner l’ensemble des marchés publics du secteur des œuvres universitaires à l’échelle nationale, afin d’identifier les éventuelles irrégularités et responsabilités. Des mesures conservatoires ont également été engagées, incluant des commissions rogatoires visant le gel et le recensement des biens mobiliers et immobiliers des mis en cause, ainsi que le suivi des flux financiers liés aux fonds présumés détournés. Une coopération a été activée avec les services spécialisés de renseignement financier, dans le cadre des mécanismes internationaux de traçabilité des avoirs. Au total, 40 personnes et 3 sociétés sont poursuivies dans cette affaire. Trois prévenus sont placés en détention provisoire, parmi lesquels d’anciens responsables des œuvres universitaires à Djelfa et Oran, ainsi que des opérateurs économiques, tandis que les autres mis en cause sont sous contrôle judiciaire. Les chefs d’accusation retenus portent notamment sur l’octroi d’indus avantages dans le cadre de marchés publics, l’abus de fonction, le détournement de deniers publics et la complicité de détournement, conformément aux dispositions de la législation en vigueur en matière de lutte contre la corruption. Les trois sociétés impliquées sont, quant à elles, poursuivies pour avoir bénéficié d’avantages injustifiés dans l’attribution de marchés publics et pour leur participation présumée à des opérations de détournement de fonds publics. Par Amina L.





























