La guerre contre l’Iran n’est pas seulement un affrontement régional entre Téhéran, Washington et Tel-Aviv. Elle constitue aussi un test grandeur nature pour les nouvelles architectures géopolitiques censées représenter un monde multipolaire. Parmi elles, le groupe des BRICS, qui avait promis d’incarner une alternative à l’ordre international dominé par l’Occident.
Depuis l’intégration officielle de l’Iran dans le bloc élargi des BRICS+, certains observateurs ont estimé que cette alliance pourrait offrir à Téhéran un soutien politique, voire stratégique. Mais la guerre actuelle raconte une toute autre histoire.
Alors que les frappes israélo-américaines ont plongé l’Iran dans une confrontation directe, le bloc des BRICS est resté remarquablement silencieux. Aucune position collective claire, aucune initiative diplomatique majeure, aucune réponse coordonnée. Le groupe qui se présente comme la voix du « Sud global » apparaît soudainement paralysé.
La fracture interne est visible. La Chine, la Russie et le Brésil ont dénoncé les frappes et appelé au respect du droit international. Mais d’autres membres ont adopté une position beaucoup plus prudente. L’Inde, qui préside les BRICS en 2026, a privilégié une posture de neutralité stratégique, allant jusqu’à condamner certaines représailles iraniennes. L’Afrique du Sud, l’Égypte et les Émirats arabes unis ont, eux, appelé à la désescalade sans prendre clairement position.
Ce silence n’est pas seulement politique. Il révèle une réalité structurelle : les BRICS ne sont pas une alliance stratégique. Contrairement à l’OTAN, le bloc ne possède ni mécanisme de sécurité collective, ni dispositif opérationnel capable de répondre à une crise militaire impliquant l’un de ses membres. Autrement dit, l’appartenance aux BRICS n’offre aucune garantie de protection en cas de conflit.
Dans ce contexte, une question mérite d’être posée : le choix de l’Algérie de ne pas rejoindre précipitamment les BRICS était-il finalement une décision de prudence stratégique ? Alger avait manifesté son intérêt pour l’adhésion, mais son intégration n’a jamais été finalisée. Avec le recul, certains analystes estiment que cette position pourrait se révéler judicieuse. En effet, l’actualité montre que les BRICS restent une plateforme de coordination économique, mais pas une alliance politique ou sécuritaire capable de peser réellement dans les crises majeures.
Pour un pays comme l’Algérie, dont la doctrine diplomatique repose traditionnellement sur le non-alignement et l’autonomie stratégique, l’adhésion à un bloc encore fragile aurait pu créer plus d’illusions que d’avantages concrets.
La guerre en Iran rappelle finalement une vérité géopolitique essentielle : les équilibres internationaux ne se mesurent pas aux déclarations d’intention, mais à la capacité réelle d’agir lorsque les bombes tombent.
- Par Belkacem






























